Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

La petite Jade mars 31, 2008


ispc0550753.jpg

 

 

 À une vieille amie…  

  Il y a de ces crimes que l’on dévoile et qui se retournent parfois contre nous… Des faits qui demandent parfois la consécration d’une assemblée pour juger de leur véracité… Il y a de ces histoires qui vous condamnent à fermer votre gueule quand vous commencez à peine à aligner quelques mots…

  ***

  Alors que l’aube se lève sur son 5e anniversaire, petite Jade se love sur sa mère. Elle se délivre de la terreur qui l’habite, seule la nuit, lorsqu’elle doit vaincre l’ogre géant et son serpent acolyte… Elle lui parle de ces loups-garou intrusifs qui ne préviennent pas toujours de leur arrivée, de ces éclairs foudroyants qui lui transpercent le corps lorsqu’elle perd pied sur le plancher… Elle lui conte ce que content les petites filles lorsque le vide se fait trop lourd et que l’amour devient nécessiteux… 

L’amour s’tire d’in racoins interdits… Entre l’abandon et l’apparence. Des retouches, un peu de flouche-flouche pis v’là la famille r’partie sû-dé-bêlles-montagnes-russes! Jade d’un coin pour être bénie par la vie, une game de hara-kiri sur la confiture de sa vie… C’t'une bonne facon d’lui enseigner la facon de procréer… ‘Toujours cru qui fallait donner l’exemple c’lui-là… ‘Te l’a donné, hen ma belle? Y t’a pas manquée… C’comme ca qu’on t’a faite ma précieuse…Cé d’même que j’t'aime quand tu m’donnes l’impression de m’rapprocher d’moé

T’as attendu ces nuits, où même le vent n’ose déranger le silence, pour être affligée de l’affection qui te faisait tant défaut quand l’soleil peignait l’horizon; écrasée sous la flasque inerte qui te brulait tes jours et la jeunesse fragile des amours…

Tu cherchais, 2 ans avant l’âge de raison, ce geste, cette phrase ou ce regard qui ferait barrer cette porte à jamais … Tu rêvais de c’bourgeon qui germerait sur l’automne quand le souffle suintant te flagellerait le visage… Ce vent d’alcool qui saoule les culottes des jeunes filles et qui anéantit les premières effluves amoureuses, ces paroles qui forgent le caractère des demoiselles sous leurs petites robes de princesse… 

***

 

Ta mère cracha sur ta vie, raya ce nom qui fraye la direction des correspondances. La drogue te fit des manières, toujours au poste quand le besoin se faisait sentir… Un p’tit boulot, pour convaincre la vie qu’tu mérites ta place kek’part. 20 heures à t’démolir la silhouette, à te t’nir debout les deux pieds d’un semblant d’fierté qui, v’la maintes lunes oubliées, a fini par t’abandonner…20 heures à faire des courbettes et des révérances aux défécations d’ces messieurs venus se goinfrer le bec et t’matter l’cul pour trouver logis dans les catacombes d’un grenier en ruine. L’argent évadé, parti par tous les trous qu’il a bien pu trouver, d’objet d’inceste tu en devins le sujet… 

***

 

Le vent cessa de chanter à ta fenêtre et il rendit tes silences bien lourds… Il faut avoir porté le poids de la nuit pour le comprendre. Il faut avoir fuit la lueur du jour pour saisir la portée du blâme qu’elle nous renvoie lorsque le spectre de notre existence se reflète sur le visage d’autrui… 

***

 

Dans les zones grises qui tapissent mes rêves je revois ce monstre qui t’a fait un gosse en écrasant ta chair contre la brique. Ces salauds qui t’ont fait les poches ensuite. Le sang qui, pour la première fois depuis longtemps, donna de l’éclat à tes lèvres ternes. Je me rappelle ton air hagard. Ta détresse enfantine qui explosait sur ton visage, qui lui, ne savait plus quelle forme il devait prendre… 

 

Ce soir je pense à toi, à cette brise du crépuscule qui avait solidifié notre amitié. Je m’étais juré de t’protéger et aujourd’hui, tu vois, je n’sais pas où t’trouver… 

 

Je t’embrasse,

Ton amie, ta sœur, ta moitié de folie… xx      


 

~Le banc des délaissés. Zachary Richard et Isabelle Boulay…

 

4 Responses to “La petite Jade”

  1. alcolo Says:

    Je suis brassé là, en lisant ce genre de billet, j’ai l’impression de goûter à une médecine que je sers aussi parfois, avec moins de tendresse cependant, à mes lecteurs. Votre plume est belle, vos sujets la méritent, visiblement. Au plaisir.

  2. la véro Says:

    Très belle plume, Mandoline. Vraiment. Je me suis laissée portée. C’est très joli, triste aussi.
    Amitiés

  3. mandoline Says:

    @ alcolo :C’est pas de la gentilesse.. c’est probablement le doigt sur le dénotateur pour éviter que la bombe ne m’explose en plein visage… Auto-protection… rien de noble dans ca m’sieur! Je prends plaisir à vous lire même si les images que j’y vois me frisent parfois les yeux! Vous êtes authentique, vos écrits sont sans pudeur c’est pourquoi les lecteurs s’en délectent autant… :)

  4. mandoline Says:

    @ Véro : J’ai découvert votre blog récemment, mais je n’ai pu y lire en profondeur! Le temps me manque, mais ce n’est que partie remise… Merci d’être passée! Au plaisir! :)

Leave a Reply