Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

La vache aux grosses mamelles avril 24, 2008

1380954 Je me sens incohérente, inconsistante comme une grosse flasque molle qui n’arrive pas à constituer quelquechose de solide. À force de brasser d’la marde ca finit par devenir juteux, ça irrite, ça pique, pis ça nous inspire une démarche qui prend des airs d’la danse des canards quek’peu boiteuse.

Y’a des tas de choses qui me font chier, mais plus particulièrement quand je travaille et que les enfants me sortent des logiques tirées tout droit du coffre aux trésors dément qui sert de cervelle à souvenirs (dont ils ne retiennent que les bons coups!) à leurs parents (total délire quand on conçoit que c’que la plupart d’entre eux demandent à leur rejetons est de faire des trucs qu’ils n’ont, ni la sagesse, ni le gros bon sens d’appliquer dans leur propre vie!) , ces mêmes logiques qui les contraindront à jouer les béquilles de service ou pire encore, celles-là qui entraveront leur vie d’handicaps sérieux lorsque, lors d’éventuelles frasques, leurs parents leurs proclameront à la volée :’’ Mais je te l’avais dit d’écouter!!!’’

J’grommelle par en dedans, j’ai d’la bile qui me sort du cul, j’ai les hormones plus qu’en état de choc post-Spm, j’vois tout simplement pu clair c’matin! Si j’vomis mes états d’âme ainsi c’est que je ne sais pas, je ne sais plus, l’aie-je déjà su parce que je dois avouer l’échec grisant de mes tentatives réparatrices dont je fais le constat encore aujourd’hui…

En gros pour vous expliquer la situation j’vous fais en abrégé l’histoire de ma puce… Elle se fait littéralement barouetter une semaine sur 2 entre son père et sa mère qui mettent souvent fin à leur contrat de garde à l’avance, débordés qu’ils sont par le caractère bombatomique de leur fille. La mère travaille de nuit et elle fait garder la puce dans une autre garderie, d’où elle la réveille chaque nuit vers des heures où même le coq s’abstiendrait d’chanter… Elle est à bout, de son travail, de sa vie, de ses amours qui ne font ni cul ni tête. Elle rechippe le coli Ups à la belle-mère qui s’empresse de venir me la redomper ici aussitôt arrivée, puisqu’elle n’a pas ca en elle pis qu’la seule chose qu’elle est certaine de lui soutirer et qui soit brin exutoire est la pisse qu’elle répand sur les planchers lorsqu’elle craint d’être brutalement grondée, lassée par les injures et les sacres de cette abominable femme qui ne sait faire autre chose que de la rendre coupable de son insécurité… L’abominable sent le printemps quand elle arrive ici, bois pour ne pas succomber à la platitude de sa vie et elle me joue des scènes méritas d’un golden what the fuck you got kid chaque jour que la vie amène…

Donc ma puce vient d’avoir 3 ans pis ca fait 9 mois que j’la vois faire son manège, l’odieuse…La p’tite ak la tuque d’in mains, le coat ouvert jusqu’au nombril (m’semblait qu’on s’battait contre c’te mode là au secondaire!), le cache-cou en travers des pieds pis les cheveux encore plus broche-à-foin qu’le balai…Sacreboire y fait -20, p-être que j’devrais me mettre à boire comme elle, tituber sur mes incapacités et sacrer toute la mauvaise foi et les côtés mésadaptés de mon être sur une petite qui ne demande qu’à essayer… Peut-être que je me sentirais moins lourde, moins dépassée, puis j’pourrais me convaincre quand elle serait ado que, si elle m’avait écoutée, elle n’en serait pas là, ce demain qui deviendra vite aujourd’hui… Je me sens impuissante car je n’ai comme défense que l’amour que j’éprouve pour elle…

9 mois que j’vous dis à me décarcasser à grand coup de diplomatie (ou d’aveuglerie mentale ou peut-être même par crainte d’la voir ficher l’camps pis priver la puce d’une stabilité qu’elle ne retrouve que dans une moitié d’vie), 9 mois à tenter d’lui faire comprendre qu’la p’tite, avant d’être capable de réciter à l’envers le guide d’la bonne ménagère, avant de servir de 2e mère a son demi-frère, avant de devenir l’ombre d’elle-même, la puce elle doit apprendre c’que c’est qu’d’être une gosse.

Peut-être que, lorsqu’elle la descend de sa chambre du 2e étage et qu’elle l’enferme au sous-sol de peur de voir puce réveiller monsieur-le-prince-gagagougou-de-miss-grosses-mamelles (j’en sais rien je l’avoue, mais une vache s’t’une vache, excusez là!), peut-être qu’elle se dit que, la vie, on doit parfois l’apprendre à la dure. Peut-être que je fais parti des gens qui aiment voir la vie en rose et qui croient que de border mes précieux dans la ouate (pas trop mais un minimum certain!) servira à établir un quelconque confort affectif dans leur vie future… Peut-être que si ca m’a pris 8 mois avant de comprendre pourquoi ma puce souffrait d’insécurité c’est un peu parce que je me fie aux apparences et je me disais que des kids habillés en Souris Mini ne devaient pas nécessairement manquer d’affection et de bonnes intentions… Peut-être que je suis dingue aussi de laisser le manège perdurer car je crains qu’une démarche plus poussée condamnera ma cocotte à un nouvel exil, un nouveau déplacement, une nouvelle adaptation et je crois qu’elle en souffrirait davantage…

J’me dis qu’y’a pas que les contes drastiques-mythiques pour effrayer les enfants qui tiennent la route, y’en a d’autres plus cruels qui nous clouent au cercueil… Y’a pas qu’l’abominable homme des neiges à craindre lorsque la poudrerie aveugle notre destination, y’a aussi sa femme, l’abominable femme des mers, celle-là qui règne sur les liquidités de ce monde (le cash pis la boisson moi j’vous l’dit! Watchez vous, j’l’ai vue à l’œuvre moi avec ces messieurs), elle aspire le vide jusqu’à ce qu’elle trouve ça drôle pis moi la conne j’en répète la narration sans jamais en changer la fin! Je me sens comme l’écume sur le bord des rivages… Je me sens comme le but qui stagne à l’étape de sa conceptualisation… Je me sens comme toux ceux qui me puent au nez, parce que je sais et que je ne trouve rien de mieux à faire qu’attendre… Je me dis qu’la vie prend sur elle de veiller sur chacun, qu’au détour la puce m’a tout de même moi. Sauf qu’aujourd’hui je trouve ca lourd parce que je ne peux la prendre dans mes bras et bercer sa vie comme si c’était la mienne… Je ne sais pas, je ne sais plus. Un jour si la vois démunie par la vie, j’ai peur qu’elle me demande pourquoi je ne l’ai pas aidée… Pourquoi je ne l’ai pas écoutée…

Ma puce m’a dit ce matin : Quand je vais être grande je veux être comme toi… Et j’ai pleuré car c’est un peu moi qui voudrait prendre sa place, refaire ce bout cruel de ma vie que j’ai voulu mettre derrière, qu’importe, si ca me rend digne de l’amour qu’elle me porte… Si seulement j’aurais pu lui dire : Et si tu le savais toi tu le dirais?

Je t’aime ma puce xxxxxxxx

Mandoline :)

 

6 Responses to “La vache aux grosses mamelles”

  1. Caro D Says:

    J’ai rêvé où j’avais déjà lu l’histoire de cette puce et de son brinquebalage entre divers bras ?
    [...]“Je ne sais pas, je ne sais plus. Un jour si la vois démunie par la vie, j’ai peur qu’elle me demande pourquoi je ne l’ai pas aidée… Pourquoi je ne l’ai pas écoutée…”[...]
    Mais chère Mandoline, m’est d’avis que personne ne l’aide comme tu le fais, cette petite puce !

  2. Mandoline Says:

    Tu ne rêves pas… J’ai juste refait la mise en page si on peut dire! ;)

    Et je ne l’aiderai plus très longtemps ma choupette… Je déménage, et par conséquent, tous les enfants que j’ai en garde changeront… y compris cette pauvre puce…

    D’ailleurs… Fait tout nouveau de cette semaine… Ils se sont séparés ces 2 là… Certains en seraient ravis, mais ca me fait m’inquiéter de ce qui va lui arriver… Faut faire confiance hen qui disent… Ouin… Faire confiance…

  3. Caro D Says:

    Mouais… Bien sûr…
    J’espère que dans un coin de sa toute jeune tête, elle gardera un peu de toi, qu’elle se souviendra qu’elle voulait être comme toi, et alors peut-être qu’elle y arrivera…un peu…si seulement…

    Y a des séparations qui blessent si fort…

  4. jacynthe Says:

    Je suis sans mot.

  5. lusciousloba Says:

    Triste histoire…Donner la vie quand on n’a pas c’qui faut pour la porter c’est malheureusement fréquent. Parfois c’est des histoires de j’ai pas l’temps faut que j’travaille…Parfois c’est des histoires comme celle que tu racontes.

    Garde en tête que le temps que tu as passé avec elle s’est imprimé et sera significatif. Lire qu’elle dit vouloir devenir comme toi quand elle sera grande me fait croire c’est que la vie lui a fait un don précieux et terrible à la fois: la conscience…

    xx

  6. mandoline Says:

    Ouep elle me fait penser à moi cette gamine, c’est ca qui vient me chercher le plus… Elle ne joue pas, elle fait la grande… Une tite tough de 3 ans haute comme 3 pommes, y’a de quoi se marrer, sauf quand tu vois les coulisses qui l’ont rendue ainsi, M’enfin.. Il fait beau aujourd’hui, c’est sa fête demain… Je vais faire le gateau et penser à autre chose ;)

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