Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

Dans l’antre du diable avril 27, 2008

 flitz Bien que je n’ arrive pas à me dire que la peine de mort soit une solution envisageable, y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer un monstre de mes propres mains ( :P Renart) … Quand la douleur, la soumission, l’ enchaînement, l’ impuissance, les cris et l’ atrocité règne dans un univers d’ un mètre 70, quand l’ agresseur a même le culot de vous passer sous téléviseur ce qu’ il vous manque d’ air à respirer… Quand ce même agresseur vous a enlevée et séquestrée plus de 24 ANS durant… Quand résulte de cette liaison 7 gamins nés sans soins, dont 3 adoptés sans une quelconque interrogation, pas même celle de la femme qui les a élevés croyant l’ homme qui les avait soi-disant trouvés face à la porte de la maisonnée ( le gouvernement qui érige les papiers, j’ ose même pas vous dire ce que ça m’ fait fredonner dans ma cervelle de p’ tite écervelée… J’ y comprend rien à toute cette bureaucratie compliquée qui fait qu’ on accorde un tuteur aussi facilement à un gosse sans provenance…)

*Rectification en date de ce matin, on citait cet extrait qui visait à démystifier le cas des adoptions :

Le père d’Elisabeth, qui a imaginé au fil des années un scénario des plus sophistiqués, a réussi à adopter trois des enfants, faisant croire à sa femme, Rosemarie, qui ignorait tout de l’affaire, et aux autorités, qu’Elizabeth avait, à trois reprises, déposé les bébés devant la porte de ses parents. Josef, père de quatre autres enfants avec Rosemarie, avait pris soin de faire écrire, à sa fille, des lettres d’accompagnement. «Le bébé a 9 mois, elle aura une vie meilleure chez grand-mère et grand-père qu’avec moi», expliquait ainsi une missive de 1993.

Alors bon, je pourrais passer outre, faire comme si rien, parce que… Mais ça m’ écoeure… Ça m’ écoeure de penser que j’ aurais pu être une de ces voisines, juste là, et ne jamais rien voir, (avec la faculté que j’ ai de me foutre de la vie des voisins gonflables qui pullulent mon voisinage) ça m’ écoeure de penser que mes oeillères de banlieusarde abrutie par le stress et le quotidien auraient pu servir à camoufler ce putain de démon qui a réussi à enfourner sa propre gamine et à lui donner 7 chérubins sous silence… 24 ans… C’ aurait pu être le regroupement des plus belles années… Celles qui façonnent les p’ tits bonheurs en d’ immortelles esquisses sur la peau de ceux et celles qui les chérissent. 24 ans. La vie devant. 24 ans. La liberté. Des projets. De la passion. De l’ amour. De l ‘ espoir. C’ aurait pu être un peu de tout ça, mais ça ne l’ a pas été, parce que vous savez, y’ a tout un tas de gens qui veulent tout simplement pas manger leur volée, tout un tas de gens comme moi qui, lorsqu’ ils voient les mots partir se contentent de contenir l’ ébullition qui menace de les envahir et de tout détruire… Y’ a des gens comme moi qui, s’ il ne se contenaient pas, prendraient les couilles de cet immonde salaud et lui ferait bouffer jusqu’ à le voir en crever sans même se demander s’ il y a crime ou atteinte contre les droits de la personne. Faudrait quant à moi être relégué à ce rang pour avoir le droit de s’ approprier la protection qui s’ y rattache… M’en ficherait pas mal vous savez, quand je penserais à cette gamine qui, lorsqu’ elle avait 18 ans, a été anesthésiée et menottée pour disparaître de l’ existence 24 ANS durant… 24 ans, ç’est l’ âge que j’ avais il y a 3 ans, lasse de mes tâches quotidiennes, de l’ amour fuyant de mon couple… Et j’ étais loin de m’ imaginer dans mes petites galères existentielles qu’ il y avait, à quelques heures de vols de chez moi, une jeune femme qui rêvait de vivre mon soap routinier…

Alors je me met à penser à toi Élisabeth, de ton recoin pesant d’ Autriche et j’ ose te dire que, lorsque l’ hiver me flanquera par terre, je vais essayer de m’ acharner contre moi, de sortir et de prendre ce grand bol d’ air que tu as du envier du fond de ta prison avec accès télévisé… J’ en reviens comme même pas… Faut être vraiment tordu d’ avoir pensé à t’ installer une télé… Ça me foudroie de penser que ça le faisait peut-être déculpabiliser, que ça ramenait peut-être de moitié son côté détraqué sur le banc des humanisés…

Je sais même pas quoi te dire, je veux même pas imaginer les images qui viennent à tes yeux quand ton corps lui, se bat pour dormir… Tu dois te battre à chaque instant, et je sais même pas ce qui a à te souhaiter, je sais même pas si de te dire de pas lâcher est ce qu’ il y a pour te permettre de continuer… Avec ce que t’ as eu à endurer, je crois que ça te donne même le droit de vouloir rêver, sans penser qu’ un jour, t’ aies encore à te réveiller…

Les liens vers les textes sur Élisabeth sont ici , , et

 

19 Responses to “Dans l’antre du diable”

  1. Drew Says:

    Je l’enverrais se faire enculer pendant 24 ans le monstre… Désolé si c’est cru mais c’est de même…

  2. Yano Says:

    Quelle histoire débile. Un supplice si long, des vies détruites, et le monstre qui a pu continuer à vivre probablement sans aucun remord tout ce temps.

    Je ne dirai pas ce que je lui infligerait à ce type. Juste pour l’idée je pourrais me faire enfermer.

  3. Y-man Says:

    quand je vois des histoires comme ça je me demande comment quelqu’un peut arriver à agir ainsi, non seulement ce genre d’histoire m’horrifie mais je ne comprends pas comment un individu peut débarquer de la track et faire ce genre de chose pendant si longtemps ……. il faut croire que ma connaissance sur la nature humaine est incomplète

  4. mandoline Says:

    C’est ce que je me dis aussi… J’me dis qu’ c’aurait pu être une petite Cédrika, qu’on aurait pu tenter de retrouver par tous les moyens… Jusqu’à ce que sa mère recoive une lettre écrite de sa main lui disant de cesser les recherches et que tous croient qu’elle avait intégré une secte… J’imagine la colère de la mère, lorsque, en plus de la déception de la désertation, dut assumer le choc de voir sa fille sortir des lymbes du sous-sol de son propre père… Je ne sais pas si cette pauvre femme est encore en vie, mais elle aussi aura son calvaire à endurer…

  5. MFL Says:

    Il y a de ces histoires, comme celle-ci qui nous laisse sans mots. Entre la rage, la colère et l’incompréhension. L’être humain me fait tellement peur par moment (souvent en fait) . Tellement que la première idée qui m’est passé par la tête est celle-ci: Malgré toute l’horreur de cette histoire, je suis convaincu qu’il y a déjà un producteur quelque part qui est déjà en train d’échafauder un projet de film afin de capitaliser sur ce drame humain… Histoire vraie!

    Oui l’être humain me fait frissonner.

  6. renartleveille Says:

    « y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer un homme de mes propres mains… »

    En lisant ce bout de phrase, je me dis que les hommes normaux ont la couenne dure…

    Imagine une histoire sordide mettant en scène une femme et que tu lisais, à la suite de ça, un texte de ma plume qui contiendrait cette phrase : y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer une femme de mes propres mains…

    Bobo dans les tripes hein?

    T’inquiètes, je ne suis pas fâché, j’essaye juste de relativiser…

    Cette histoire est le comble de la méchanceté et de la folie, j’en conviens, mais ce n’est pas un homme qui l’a perpétré, mais bien un monstre! Et pour moi un monstre est asexué… mais si sa faute est sexuelle.

  7. mandoline Says:

    Contente que cette lecture que tu as prise pour un défoulatoire sexiste t’aie fait venir faire un petit tour par ici ;)

    J’adore les hommes Renart, t’as bien raison, j’aurais du dire un monstre.. J’ai pas pris le temps de peser mes mots, j’allais dormir et c’est ainsi que c’est sorti.. On oublie trop souvent que nos mots ne sont souvent compris que par nous, que nous comme seuls à connaitre les motivations qui nous poussent à écrire.. je ferai attention à l’avenir!

    Sans homme je me sentirais bien insécure, bien perdue… Vous avez cette facon la bien à vous de nous rammener les 2 pieds sur terre… Dommage pour elle que cette sécurité ne l’enveloppait que lorsqu’une porte de béton embarrait son agresseur 6 pieds plus haut…

  8. mandoline Says:

    @ MFL : Capitaliser le drame humain, c’est vrai que ca sonne pas mal inhumain… Faudrait le voir comme une facon d’empêcher l’histoire de se reproduire, mais vous et moi on sait bien que, malgré nos lectures approfondies sur l’histoire, les guerres continuent tout de même de dévaster l’monde, sans qu’on puisse grand chose pour l’éviter… Dur dur de comprendre… Parfois faut juste respirer… Respirer et espérer… Parce que… Juste ca… Respirer et espérer… ;)

  9. renartleveille Says:

    « Contente que cette lecture que tu as prise pour un défoulatoire sexiste t’aie fait venir faire un petit tour par ici ;)»

    Je ne l’ai pas prise pour un « défoulatoire sexiste », mais j’ai simplement compris qu’il est facile de généraliser… Et des tours ici, ce n’est pas mon premier, ni mon dernier! Qu’est-ce qui peut bien te faire penser ça?

  10. Mandoline Says:

    C’est bien que j’aie écrit ” que nous COMME (sommes) seuls…” et de dire par la suite ” je ferai attention à l’avenir”… Y’en aura pas d’facile… d’ autres gaffes au programme à prévoir ! On est pas sorti du bois :P

    Et y’a rien qui me fait penser ca! J’aime bien vos p’tites visites :)

    Au plaisir!

  11. Billet sexiste « Renart L’éveillé / Carnet résistant Says:

    [...] autre billet m’a fait réagir aujourd’hui, et c’est celui de Mandoline qui a pour sujet l’histoire sordide d’un père autrichien qui a séquestré sa fille [...]

  12. Anarcho-pragmatiste Says:

    Au moins Mandoline, vous vous êtes rétractée. C’est bien!

  13. mandoline Says:

    @ Merci d’la visite Anarcho! Oh, se rétracter c’est ben ben simple quand l’intention derrière les mots n’était pas celle percue par les lecteurs… Au plaisir! :)

  14. Noisette Sociale Says:

    C’est dégueulasse tout ça… juste trop dégueulasse… Je sais pas quoi dire d’autre, ça m’écoeure.

  15. ebondo Says:

    ‘Saviez qu’il y a plus d’un million, eh oui, un million d’enfants nés du viol en République Démocratique du Congo depuis 1995?

    Pendant qu’on se gavait dans la complaisance face à un Roméo Dallaire héroïque, Hotel Rwanda et Corneille, les exactions découlant de ce drame n’ont jamais fait la une; à peine quelques entrefilets et un dossier ou deux sans suivi. Et ce n’est pas terminé. Et je ne parle ici que des enfants du Viol.

    Alors pour cette jeune femme, je ne dirais qu’une chose: c,est dégueulasse mais bon, on parle d’un drame familial isolé, caché du regard, mais aussi du drame des communautés, où personne ne se pose trop de questions sur ce qui arrive à son voisin. Ou la loi du silence s’enseigne dans les cours d’école.

    Mais revenons-en à la pertinence d’en faire tout un plat…

    7 enfants, 1 million de petits nègres, 7 enfants, 1 million de petits nègres, 7 enfants, 1 million de petits nègres.

    C’est fou ce que la manière de présenter les choses leur confère une importance complètement déphasée.

    N’empêche que c’était dégueulasse. Sauf que c’est aussi dégueulasse de passer sous silence un drame du même genre à la puissance mille qui se déroule, non pas dans un sous-sol miteux à l’abri des regards, mais direct dans notre face, à la vue des Nations Unies, de la communauté internationale et des petites gens comme nous qui avons vu passer un entrefilet là dessus à un moment ou un autre sans se poser de questions.

    Quant au féminisme. Le jour où les femmes de trou du culs feront la grève du sexe, le monde changera. Ce qui m’attriste, c’est que la femme est le point central du régime de surconsommation. C’est elle qu’on vise, pour laquelle on crée des besoins dès le berceau, à qui on charge 10 fois le prix pour une coupe de cheveux, qu’on conditionne à bien paraître, à être parfaite, à protéger ses enfants et à travailler plus fort que les esclaves dans les plantations de coton, à ne jamais faire la grève trop longtemps parce qu’il y a des comptes à payer, à accepter de se serrer la ceinture parce qu’une interminable lutte pour leurs droit mettrait la famille en péril dans l’immédiat. Et ça rapporte. Le féminisme n’a pas enseigné le secret le mieux gardé des hommes : la fuite. Les femmes font face contre vents et marées alors que les hommes se poussent quant l’obstacle semble insurmontable. Ce n’est pas noble, mais bon, la neuropsychologie nous dit que ce peut être sain.

    Nos douces moitiées sont programmées à devenir une clientèle captive du système autodestructeur dans lequel nous vivons. Et tant que le féminisme ne mettra pas le doigt sur le piton et que la femme restera le “target” de la dynamique de surconsommation, ça ne changera pas.

    Elle Québec, ce n’est pas du féminisme.

    La grève, les filles, la grève (Mais achetez-vous un taser).

  16. mandoline Says:

    Wowwwww! Je sais où je vais aller lire de facon plus approfondie! Vous avez un franc parler que j’aime bien m’sieur! Pour ce qui est du rwanda j’ai lu beaucoup… à en pas dormir durant des jours… J’arrive toujours pas à comprendre… et ca continue… Pour ce qui est du million d’enfants du viol.. Je ne savais pas… Et j’en suis bien navrée… Navrée de vivre dans un pays où ce genre d’info n’est pas connue de chacun qui l’habite… Choquée… Je vais aller lire sur ca m’sieur! On fera qqc de plus massif… Pour qu’au moins on sache, car choisir de fermer les yeux c’est une chose, de ne jamais les ouvrir c’est autre chose…

  17. Caro D Says:

    Bon, j’allais régair au billet de Mandoline, et je tombe sur le commentaire d’Ebondo…
    Hum… Difficile après ça.

    Bon, je dirai quand même juste, pour répondre à Mandoline, que la femme du monsieur est bien encore en vie, mais qu’elle est dans un état… Enfin on imagine un peu son état en apprenant ça.
    Ce que j’ai envie de comprendre, c’est comment la famille ne s’en est pas rendu compte. Il a bien fallu le construire ce réduit, puis l’aménager, et enfin y faire vivre plusieurs personnes, qui faisaient forcément du bruit !

    Maintenant, en lisant le com. d’Ebondo, on ne peut que dire qu’un million de petits nègres, c’est une sacrée autre dimension. Et un drame autrement plus terrible.
    Malheureusement, je pense que ce qui nous secoue dans le drame autrichien, c’est que ça se passe dans un quartier comme le nôtre, ou en tout cas qui y ressemble. C’est pour ça que la presse réussit à nous toucher aussi vite, aussi fort. Ils savent qu’on va s’identifier, et qu’on va acheter l’histoire. Parce qu’on va se dire que ça pourrait être chez nos voisins.

    Ce qui se passe au Rwanda, comme dans bien d’autres pays plus lointains de notre confort nombriliste, on en parle, un peu, et si ça secoue l’opinion, on en parle beaucoup, mais pas pendant longtemps, pour ne pas lasser.
    Aussi horrible que ça soit…
    Une de mes collègues a une partie de sa famille dans ce coin là d’Afrique, et ça sensibilise pas mal à la chose. Mais on se rend bien compte qu’on a beau en parler, on n’a pas l’impression de remuer les choses. Alors que ce matin, tout le monde ne parle que du monstre autrichien…

    Deux poids, deux mesures…

  18. Diane-Eve Says:

    Je suis mystifiée par cette histoire et morte de honte quant à mon niveau d’information. J’hallucine de me rendre compte que cette atrocité ne soit pas parvenue jusqu’à mes oreilles ! Suis-je si perso que ça ? En même temps, quel sentiment d’impuissance quand je pense que l’on découvre ça après 24 années de calvaire. Je suis écoeurée et tellement triste pour cette femme et ces enfants.

  19. lusciousloba Says:

    Ouf! À la fois pour l’histoire, ton billet et le com. d’ebondo!

    Je ne peux rien ajouter qui n’ait déjà été écrit. Simplement je trouve triste, affreusement triste ce qu’on fait subir à des êtres humains par folie, cruauté, soif de pouvoir et de manipulation. Et ces enfants nés du viol et de l’inceste, que (qui) deviendront-ils…

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