Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

L’ envol de Kathleen mai 12, 2008

200338539-001 ST-Germain de Grantham, petit village dont j’ ignorais tant l’ existence que la profonde humanité qui s’ en dégage… Un petit recoin de pays où un drame est venu bouleverser l’ éclat des intentions de ceux qui la sied… Une petite ville toute menue où oscillaient un certain paradoxe entre un soleil imposant et un vent râleur, une tirade bien cruelle entre la volonté de se frotter à lui pour sentir la vie qui demeure et la culpabilité à l’ égart de ceux qui auraient bien voulu qu’ ils se tire en cette journée où ils leur semblaient ironique de le voir comme un gage de continuité, une offrande de vie… Parsemé ici et là, des gerbes de fleurs, des visages aux teintes d’ une conscience nouvelle, un cheminement difficile pour les doutes et les peines, des présents qui se voulaient messagers des sympathies qui ne trouvaient leur sens dans la capacités de les prononcer… Des jeunes qui se tenaient les coudes face au choc, face à la cruauté, à l’ anticipation des jours à venir… Des pleurs profonds comme le malaise quant à la proximité des proches et de l’ impuissance à les soulager…  Tellement de gens que le mal de coeur vous prend à l’ effort de garder la tête haute, d’ affronter le courant, la tristesse  sur le visage de chacun, être là et partager une douleur qui, tout en étant envahissante, est à la fois hors de portée…

J’ aimerais tant vous décrire ce moment, que vous puissiez le vivre sans les sentiments qui m’ habitent. Que vous puissiez voir cet amour plus grand que les peines qu’ il inflige,  cette chaîne capable de rassembler étroitement des gens dont la vie a décousu les fils… Que vous puissiez voir cette mère que la douleur a figé face à la tempête qui a dévasté ses rêves, voire ceux qu’ elle n’ avait pas encore imaginés… Je voudrais que vous puissiez être son jeune frère, qui du haut de ses 10 ans, a porté la croix qui frayait le chemin vers les terres qui recueillent ceux qui n’ y sont plus… Ces terres devenues refuge de sa pétillante, de son unique,  de sa précieuse et tendre confidente… Je voudrais que ces mots soient les bras de son grand frère, ceux-là qui ont porté le cercueil du haut de leur peine, je voudrais que vous voyiez tous ces gens là, afin que vous constatiez à quel point la vie se fait précieuse, à quel point il est facile de s’en détacher pour mieux croire qu’ on arrive à la saisir… Je voudrais qu’ ils vous soit possible d’ oublier vos tracas et de prendre en vos mains ces gens près de vous qui n’ attendent que cet élan de votre part…

Même si, parce qu’ on se bat souvent à se faire croire que la vie ç’est autrement… La vie n’ est que le miroir du soleil à nos yeux, elle rend aveugle, glace le corps qui avait pris goût à sa présence, à sa chaleur, à ce bonheur vivifiant pris pour acquis lorsqu’ il cède place à la nuit. La vie va trop vite par moment… On y est sans y être, on s’ exaspère, on divague, on se perd… Il faut prendre le temps… S’ arrêter et cesser de vouloir devenir, parce que…

 

Puissent les souvenirs ne point être fugaces…Puissent-ils vous envahir et ne point trahir les vérités qui se cachent en vous, puissent-ils être un second souffle quand le tourbillon de la vie oubliera et ne sera pas en mesure de comprendre, et d’ entendre.

 

2 Responses to “L’ envol de Kathleen”

  1. la véro Says:

    J’ai lu ton billet hier soir… émue… car l’image de cette scène amène vers un lieu qu’on aimerat ne pas visiter, vers une peur qu’on a tous… j’ai laissé mes émotions passer… je ne voulais pas répondre à mon impulsivité… mettre des mots en vrac… alors que je pense très fort aux parents de Kathleen… qui ignorent mon existence…
    Je me suis remise sur l’ordi après le film, prête à mettre en phrases mon émotion. J’ai vu qu’un message était arrivé sur ma boîte mail et j’ai cliqué sur le petit chien qui m’en avertit, pensant à une pub… c’était des nouvelles d’amis proches, qui vivent à Paris… parents de trois filles, comme nous…
    C’était pour nous annoncer leur desarroi face à l’hospitalisation de leur fille de seize ans, subitement atteinte de pupura thrombopenique idiopathique … j’ai fait des recherches sur le net, jusque tard dans la nuit… cherchant à comprendre…
    Je suis allée dormir, j’ai ouvert les portes de chambre de ems filles, tout doucement … hier soir, entendre leur souffle n’a jamais été aussi réconfortant…
    Donne toute mon affection et mon soutien aux parents de Kathleen… je pense à eux…
    Affectueusement…

  2. Caro D Says:

    “Je voudrais qu’ ils vous soit possible d’ oublier vos tracas et de prendre en vos mains ces gens près de vous qui n’ attendent que cet élan de votre part… ”

    Si seulement on en était capable plus souvent…

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