Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

Pardonnez nous de n’ avoir pour reponse, que le chagrin de Nelligan… mai 15, 2008

6a00d8346eab0c69e200e54f352c8e8833-800wi Avec cette récession qui nous guette, oh pas telle une mère qui couve ses petits et qui les met à l’ abri, mais plutôt à l’ image de celle qui les prévient et qui reste insensible à leur chute… N’ allez pas croire qu’ elle nous plaindra. On le savait tous, n’ est-ce pas ? On se plait parfois à  croire que ce que l’ on détient restera jusqu’ à ce que l’ on s’en lasse, et si, uniquement si, l’ on s’en lasse…

Et  il y a cette langue si belle que nous ne saisissons pas encore tout à fait, dans toute la grandeur et la simplicité de ce qu’ elle a à nous offrir. Cette langue qui nous a tant servi et qui menace de foutre le camps plus vite que les efforts mis à la peaufiner… Parce qu’ il n’ y a pas si longtemps… Parce que vous savez, hier est à nos portes… Que dois t’ on dire à nos enfants ? Que nous ferons la différence, pour eux? Que ceux d’ avant étaient des empotés qui n’ ont su y arriver? Que c’ aurait pu être autrement? Quelle injure avouez…

Voici le texte de ce superbe vidéo trouvé chez Regardez la musique… Un texte cru qui m’ a toujours fait frissonner.. Peut-être que si vous aussi… Je dis bien peut-être… Peut-être pourrons nous éviter l’ étau qui sournoisement se resserre, peut-être arriverons nous à désamorcer ce génocide langagier qui file vers nous tel une bombe sur laquelle nous ne semblons avoir aucune prise…

 

Le lien pour le vidéo est ici

 

”Speak white. Il est si beau de vous entendre parler de Paradise Lost ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare. Nous sommes un peuple inculte et bègue, mais ne sommes pas sourds au génie d’ une langue. Parlez avec l’ accent de Milton et Byron et Shelley et Keats. Speak white et pardonnez-nous de n’ avoir pour réponse que les chants rauques de nos ancêtres et le chagrin de Nelligan. Speak white. Parlez de choses et d’ autres, parlez-nous de la Grande Charte ou du monument à Lincoln, du charme gris de la Tamise, de l’ eau rose du Potomac. Parlez-nous de vos traditions,nous sommes un peuple peu brillant, mais fort capable d’ apprécier toute l’ importance des Crumpets ou du Boston Tea Party, mais quand vous really speak white quand vous get down to brass tacks pour parler du gracious living et parler du standard de vie et de la Grande Société un peu plus fort alors Speak White. Haussez vos voix de contremaîtres, nous sommes un peu durs d’ oreille, nous vivons trop près des machines et n’ entendons que notre souffle au-dessus des outils… Speak white and loud qu’on vous entende de Saint-Henri à Saint-Domingue. Oui quelle admirable langue pour embaucher, donner des ordres, fixer l’ heure de la mort à l’ ouvrage et de la pause qui rafraîchit et ravigote le dollar…Speak white. Tell us that God is a great big shot and that we’re paid to trust him. Speak white… Parlez nous production, profit, pourcentage… Speak White, ç’est une langue riche pour acheter… Mais pour se vendre? Mais pour se vendre à perte d’ âme… Mais pour se vendre…Ah! Speak White… BIG DEAL… Mais pour vous dire l’ éternité d’ un jour de grève, pour raconter une vie de peuple-concierge, mais pour rentrer chez nous le soir à l’ heure ou le soleil s’ en vient crever au-dessus des ruelles, mais pour vous dire oui, que le soleil se couche oui, chaque jour de nos vies à l’ est de vos empires. Rien ne vaut une langue à jurons, notre parlure pas très propre tachées de cambouis et d’ huile. Speak white, soyez à l’ aise dans vos mots. Nous sommes un peuple rancunier oui, mais ne reprochons à personne d’ avoir le monopole de la correction de langage. Dans la langue douce de Shakespeare avec l’ accent de Longfellow, parlez un français pur et atrocement blanc….. Comme au Vietnam, au Congo. Parlez un allemand impeccable, une étoile jaune entre les dents… Parlez russe, parlez rappel à l’ ordre, parlez répression… Speak white ç’est une langue universelle, nous sommes nés pour la comprendre! Avec ses mots lacrymogènes, avec ces mots matraques… Speak White.Tell us again about freedom and democraty. Nous savons que la liberté est un mot noir comme la misère est nègre et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’ Alger ou de little Rock. Speak White de Westminter à Washington, relayez vous! Speak White comme à Wall Street, white comme a Watts, be civilized, et comprenez notre parler de circonstance quand vous nous demandez poliment ” How do you do” et nous entendez vous répondre ” we’re doing all right’, we’re doing fine…”  We…. are not alone”. Nous savons que nous ne sommes pas seuls.

 

Non, nous ne sommes pas seuls. Saurons nous faire la différence? Je l’espère, sincèrement… Bien plus que pour moi, pour vous aussi que j’aime tant tenter de comprendre…

 

Patrick Lagacé a fait un billet qui a été fort commenté, j’vous laisse y jeter un oeil ici.

 

8 Responses to “Pardonnez nous de n’ avoir pour reponse, que le chagrin de Nelligan…”

  1. renartleveille Says:

    Wow! me retrouver en hyperlien dans ce poème, merci!

  2. Anarcho-pragmatiste Says:

    C’est très bien mais ce n’est pas avec plus de violence étatique (à part la séparation) qu’on va régler ce problème.

  3. Mandoline Says:

    Si pour vous les mots ” entraide’, ‘’solidarité” ,”partage” et ”complicité” sont des mots synonymes de violence… Et je ne fais pas référence à l’état, mais au peuple, bien en dehors de l’état, je ne me lance pas dans un débat sur la nécessité de l’état.. J’ai pour ma part trop besoin d’elle et de ses ressources si infimes soient-elles avec les années qui passent.. Non, je fais référence au peuple qui a ce pouvoir de lui faire changer de vocation… Pour que demain soit, encore aussi beau que sur les photos des albums que je me plais à regarder des beaux jours où les fistons ont vu le jour… Pour que demain ” la mamie” que je serai peut-être arrive à dialoguer dans une langue qui ne relèvera pas d’un mythe ou d’une légende des temps anciens… Vous voyez… Ce petit code secret que nous avons le plaisir de parler à l’étranger, ca serait bien qu’ il puisse perdurer… Parce que c’est dans cette langue que pour ma part , j’ai appris les termes ”aimer”, ”lutter”, ” espérer” voire même ”recommencer” aux travers des souffrances que j’ai du essuyer.. Ca serait bien non? À quoi bon se vautrer dans les guerres sur l’état si les valeurs qui faconnent mon être n’ ont de sens pour ceux qui les entendent?

  4. Mandoline Says:

    @ renart : ;)

  5. Anarcho-pragmatiste Says:

    Si pour vous les mots ” entraide’, ‘’solidarité” ,”partage” et ”complicité” sont des mots synonymes de violence…

    Ce ne sont pas des synonymes de violence, sauf si ces concepts sont imposés par l’État.

    Pour le reste, je te comprends très bien!

  6. MFL Says:

    Et bien, Mandoline vous avez très bien résumé ma pensée, je n’ai rien de plus intelligent à ajouter à cela!!

    :)

    @anarcho-pragmatique

    C’est pratique, je n’ai même pas besoin de répondre à la même “affirmation” sur mon blogue!! :) Belle utilisation du copié-collé qui me permet de passer en mode paresseuse :)

  7. Caro D Says:

    Très beau texte que je ne connaissais pas…
    Bon, j’ai l’air de débarquer, je présume. Mais le français est à ce point menacé de disparaître chez vous ?

  8. Mandoline Says:

    @ Anarcho : Surprise de voir que vous ne luttiez pas davantage.. ;)

    @ MFL : :)

    @ Caro : Oui, premièrement, contente de votre retour! Les vacances ont été à la hauteur de vos espérances?

    Puis pour ce qui est de la menace de disparaitre, je crois que c’est la même vieille guerre, celle dont on se lasse parfois… Une industrie par ci qui fiche le camps ailleurs, une autre qui reste mais qui se fait acheter par les américains… Puis comme on est pas naifs pour 2 sous, vous voyez…. ;)

    Ici on offre des cours d’anglais aux émigrants, leur faisant comprendre que l’anglais est vital, peu importe qu’ils maitrisent leur francais ou pas… Si je ne m’abuse, plus de 90% des produits qui se vendent en magasins sont traduits en francais… Ce qui vous donne une bonne idée du nombre de compagnies que l’ on s’ efforce de maintenir en place ici…

Leave a Reply