Perché près du rosier gigantesque, un merle d’ Amérique, le vers au bec, semble danser sur place dans une chorégraphie qui m’ est tout à fait étrangère. Étonnamment, j’ me dis, qu’ instinctivement, c’ est fort peu probable qu’ il ait oublié sa destination, son nid, ses petits…
Il continue son manège et cela m’ intrigue davantage… J’ entends alors : ”Les oiseaux ne demandent pas toujours la permission aux parents pour sortir du nid” et ma grand-mère de rétorquer, visiblement ailleurs dans ses pensées :”Quand est-ce qu’ on fini d’ être parent hein?”
Jamais. Point.
Mais ça, elle le sait, elle l’ a vécu, toute sa vie. L’inquiétude qui démord pas et qui te lacère l’estomac. À ce moment-là, je compatis pour elle. Je saisis l’ampleur de sa souffrance. L’immensité du verbe aimer et notre capacité à le renouveler.
Pas loin de là, y’a la tornade qui joue avec maman. Il y a des signes qui ne trompent pas. Ça sent le coup de théâtre à plein nez. L’ indécision, la fuite.
Les échecs, la souffrance, c’ est parfois des coups de masse pour surmonter ce qu’on a pas su réaliser. Faire l’ impossible, pour changer. S’accrocher…
J’ ai su ce matin qu’ elle avait cessé ses médicaments. Ironiquement, ca arrive souvent un peu comme un marathon à l’urgence en plein milieu d’une fin de semaine de ski. T’es jamais prêt pour ca. Ca sera jamais le moment pour ca. Quand est-ce qu’on a le temps de mettre du temps à trouver les bonnes solutions?
Pis… C’est pas toujours évident de changer les solutions, quand on vous inculque depuis l’ enfance qu’il y a des gens diplômés qui sont formés pour la réhabiliter. Mais c’est pas que ça au fond.
C’ est pas tant de la remettre sur pied, que de lui remettre en pleine gueule que, si elle ne se conditionne pas à vos règles, alors elle devra se méfier…
De tout ce qu’elle est, du beau comme du mauvais.
Et j’ suis plus de celles qui veulent porter ce fardeau, c’est tout…
Alors dis, avant qu’ tu sois hors de portée, j’ aimerais bien qu’ on puisse réaliser un truc toutes les deux. Qu’ on apprenne à communiquer. Je voudrais connaître ta vérité, pas celle du monde, ça collera jamais à la mienne mam, tu le sais.
Que la tienne.
Je m’en fais trop quand je sens que tu ne veux pas te confier. Je m’attends toujours au pire… Je sais jamais. Y a que je sens que la chaîne sera jamais assez longue pour toé…
T’es pas un chien, j’en conviens. Peut-être que c’ est ma perception qui manque de flexibilité…
En attendant, essaie donc de revenir.
Rien qu’une journée.
Un jour de même, tu vas peut-être espérer autrement, vouloir tenir demain par le bout du nez, confiante de riposter pour tous les jours flambés.
Y’ a aussi que je sais jamais si j’ arriverai à faire la juste part des choses… Mes limites, tu sais, je les sais pas trop. Parfois si, quand c’est juste trop.
Les habitudes sont pas si loin parce qu’ on a changé de décor hein?
Mais tu sais, je te sens pas si loin encore. Je crois qu’il me faut me rattacher a ça. Croire qu’on arrivera à désamorcer l’étendue des dégâts qui émane à l’intérieur de toi. Cette bombe en toi.
Tu fais parti de mon mobile, tu fais parti de ma vie…
Je ne veux plus voir ce regard sur ton visage, ce vide de ne savoir être autrement.
Je t’ aime. Avec tous tes autrements justement.
Qui m’ ont appris à faire les choses différemment,
À aimer, autrement.
On s’ en reparle dans 24 heures… Je t’ aime xxx

C’est un beau billet, criant de vérités, reste maintenant à prier qu’elle entende, ou mieux, lise.
Dites, vous me cherchez là hein?
Vous savez, des bricos, des lettres, des demandes, il y en a eu. L’ impact désiré, pas toujours celui souhaité, je dois l’admettre.
De simplement l’ écrire, ca me fait du bien. S’ il fallait qu’ elle lise et qu’ elle parte encore comme dans le passé. Ca me ferait mal davantage. C’ est que l’ orgueil d’ une petite fille que j’ ai pas tout à fait apprivoisé encore!
Traquons la bête! mouahahaha
J’ vais finir par trouver mon homme et m’éloigner, parce que, faut ben tsé…
Traquons la bête, lolllll, ca sonne comme si je faisais de la chasse à l’ homme… :S
J’ parlais de la petite fille qui se fait des misères. M’ enfin. J’me suis dit qui vallait mieux que j’ éclaicisse avant qu’il y ait un fin-finaud qui passe par ici
Mouais, c’est vrai que c’est encore plus dur quand on s’est exprimé, et qu’on n’a pas la réaction attendue.
Mais le reste est dur aussi… Comme si c’était toi qui portais ta maman à bouts de bras… C’est pas juste.
Quelle force de l’aimer. Quand même.
Bah, après toutes ces années de questionnement, j’ ai fini par me dire qu’ on les choisissaient ces parents là, tant pour ce qu’ ils nous apprennnent, que pour le rôle qu’ on joue dans leur vie…
Bien contente de votre petit retour! Dites donc, ca profite de l’ été par chez vous aussi
voui