Sur des airs de Mandoline.

‘’On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’Homme qui s’approche du but ne marche plus, il danse…’’ LAWIRA

Chausser les souliers de quelqu’ un d’ autre juillet 8, 2008

 

1166018 Vous avez déjà eu à prendre des décisions qui ne reposaient pas véritablement sur vous, qui n’ étaient, en fait, en rien reliées à vous? Avez-vous déjà eu à assumer quelqu’ un d’ autre que vous, tenu par un fil imaginaire, en suspend au dessus de la vie, avec l’ obligation d’ inverser les rôles et de nager plus fort qu’ le courant pour finir englouti sous les algues d’ un étang gluant ? Oui oui, ce genre d’ endroit qui, de loin, semblait, à prime abord, l’ endroit idéal pour accoster, pour faire dorer le rêve, le mirage du siècle!, le bed and breakfest de tout montréalais abruti par la ville qui croyait enfin trouver refuge sur une île calme à la jupe au bleu plus pur et aveuglant que l’ étincelle émanant des yeux insouciants d’ un enfant… Passer sa vie à réajuster le tir, ça vous fait redouter l’ instinct en vous. Ça vous fait bouder la vie de ne pas avoir su vous doter d’ une boussole digne de ce nom. Ça vous donne des airs de tit-gamin-qui-veut-qu’ on-lui-dise-tout-comment-pourquoi-et-de-quelle-façon s’ enligner, parce que sans la carte routière, la batterie de rechange et les câbles à booster, il aurait jamais appris à marcher.

 

Vous savez quoi? J’ veux juste vivre ma vie! J’ demande rien à personne, j’ mène ma ‘tite vie à des kilomètres de l’ endroit d’ où sa mère a cru bon éduquer la mienne, forger ma peur aussi, pratiquement aussi dosée qu’ le besoin d’ respirer. . La chienne à chaque brin d’ oxygène qui entre pour mieux vous empoisonner le bonheur.  La culpabilité de s’ en détoxiquer. La fascination de la voir analyser les failles du prototype premier. Son moule. Ses failles. Se servir de l’ enfant pour prendre les décisions qui reviennent habituellement aux grands. Alors, avec un tout petit semblant de rien, parce que vous savez pas les choses autrement, avec le mal d’ avancer, mais le besoin d’ acquérir cette fierté, bien en dehors de vous, sans trop vous courber. La tête droite qui se fait lourde mais qui doit tenir bon pour équilibrer la génétique. L’ implacable destination. La différence. Oh, pas tant ce chemin qui vous colle à la peau et qui vous laisse devenir, que celui qui ne ressemble pas au sien. Contourner. Sans destination. Que la nécessité d’ éviter les nids de poule alors que vous auriez pu descendre de la voiture et vous inventer un pays. Lui dessiner des ailes de routes ou de vagues. Que le panorama souhaité comme façon de procéder, de procréer.  Rejoindre ce que vous êtes. Relier vôt coeur à vos pieds. Ne plus vous conditionner. Être convaincu que vous n’ êtes pas dans l’ obligation de vous greffer les poils du cul sur la tête, de vous coller le service à la clientèle sur le cv des amours, envisager une façon de faire différente au lieu d’ abdiquer en enfourchant des détours sans fin, des culs-de-sac comme ces boucles de rue d’ Europe qui reviennent toujours en leur sens…. Espérer ne pas devenir ce fruit qui s’ fiche le ruban de la catégorie au visage. Ce malapris qui ne tombe jamais loin de l’ arbre. Souhaiter l’ exception, le coup de vent, qui vous changera en confiture pour vous faire planer tout l’ espace durant… Ce droit, cette chance, ce pouvoir d’ être qui vous voulez, quand vous le voulez. Figer le temps. Devenir soi. Jouer avec les mousses de son nombril. Se rebeller contre le modèle. Le seul. Alors qu’ on sait et qu’ on passe ses jours à rester juste de l’ autre côté de la corde de peur de perdre pied, de s’ enfarger dans les fleurs du plancher, alors qu’ il faudrait seulement marcher dessus, doucement, un pas à la fois,  et avec le sourire. Ne pas s’ en faire. Vivre. Du moins essayer, au mieux de ses capacités.

 

Non, c’ est vachement mieux faire comme si, parce qu’ il faut être socialement, mentalement et physiquementApte. Spirituellement, osez même pas y penser! Le travail y’ a que ça de vrai! Ne pas devenir l’ ombre de soi-même, ça fait pas fructifier l’ économie, ça gonfle encore moins les voiles du capitalisme. Ça change surtout pas la bâtardise en sang royal. Ça donne même pas un laisser-passer-envoyez-se-faire-paître-les-fichus-formulaires-à-l’urgence-quand-vous-êtes-en-train-de-crever. Nan, réfléchir, ça promet aucun rang social. Bah non, vaut mieux posséder. Acquérir. Détenir le pouvoir absolu. Les richesses. L’ argent! Parlez-moi de valeurs qui rendent leurs colonnes aux hommes qui ont voulu réfléchir, et qui ont perdu la source même de l’ idée. Philosopher, pffff, on  a déjà pendu pour moins que ça! À quoi bon expliquer qu’ on fonce avec la volonté rattachée au plus profond des tripes parce que y’ a que ça qui va les empêcher de s’ enrouler à nôt cou.

 

Faire fi des apparences quand on sort du vagin de la honte, balancer les attentes et larguer tout ce qui vous rappelle un peu ce dans quoi on vous a clairement indiqué que vous valiez pas-plus-que-ça. Ouais, c’ est clairement évident. C’ est pas la chose à faire. Faut penser simple, faut penser business. Faut geler les racines, les condamner à  un hiver éternel en espérant voir des bourgeons venir décorer la cime des arbres. Mettre la même maudite visse sur le même petit maudit modèle dans une usine de montage sans se demander où elles vont finir par aboutir parce que personne n’ en veut plus sur le marché. Secouer la terre au passage, s’ agripper au vent. Faut être fou pour ça. C’ est le comble de l’ immoralité. Faut s’ organiser pour payer le fardeau de la dette, de l’ offrande de vie. S’ acquitter de la facture, du poids des intérêts; devenir le guide de quelqu’ un qui n’ a jamais su l’ être, avec, au passage, l’ expérience qui vous fracasse la faculté de penser à coup de vague de 30 pieds. Enfiler le manteau d’ un capitaine qui a passé sa vie à conduire un bateau qui prenait l’ eau, à présent évanoui, plaqué face au plancher, et devenir la cible de service de l’ oeil engloutissant. Je me suis toujours demandé : L’ oeil est-il la source des grands vents ou le simple fruit de leurs conséquences? Qu’ importe, il ne faut pas penser. Alors on balance l’ empathie par dessus bord, on enfonce le mépris dans une poche, l’ envie de tout balancer dans l’ autre. On sort les lunettes fumées au cas où il faudrait justifier le manque de connaissances. Au cas où il faudrait masquer la peur. Ouais, la peur de tout. La peur de vivre comme celle de crever. La peur d’ oser, de reculer, de ne pas savoir, où pire encore, de ne plus vouloir, de renoncer.  D’ avouer qu’ on ne peut pas chausser les souliers de quelqu’ un après 48 ans et croire qu’ on saura, qu’ on sera Dieu, pour changer. Être le plaster et le bobo. Vouloir changer l’ attitude, la perception sans avoir jamais tenté de comprendre, d’ appliquer, d’ apprendre, d’écouter. De diriger la vie contre vents et marées.

 

ET écouter c’ est pas si simple, quand ce qu’ on déteste par dessus tout  c’ est de manger des mots brodés par le mensonge. J’ préfère une baffe en pleine gueule, qu’ un coup de poignard dans le dos, j’ suis comme ca.. Affronter de face. Voir venir les coups. Stabiliser ce qui menace de tout faire planter. J’ veux pas d’ une fausse vie, j’ l’ ai tellement peaufinée pour lui donner des airs de contes de fée étant gamine. Cheveux au vent, libre de tout, enchaînée à la vie et au bonheur par de fragiles chaines de rien du tout. Même pas de quoi vous dire que, si vous étiez acculée au plancher, elle oserait arrêter de danser, de se poudrer. Non. Juste du rien. Que la certitude qu’ elle ne sera, jamais. Qu’ il faut pas espérer. Qu’ il faut faire mieux, que pour soi. Sans compétition aucune, sinon cette loyauté envers cette promesse faite à soi-même, ce respect quant à sa personne. Aimer et profiter de la vie sans geler tout ce qui vous fait vous perdre un peu en retour, ce qui vous fait souffrir; et redoubler d’ espoir quant à ce qui vous fait sourire, d’ un coup qu’ ça finirait par coller… Être patient. Optimiste. Recommencer, encore. Tenter de ne plus s’ aggriper au vide, attendre ce qu’ il y a de mieux. Ne plus fermer les yeux sur tout, que pour la défaite de n’ pas avoir vu le fossé dans lequel on aura trébuché… Oublier d’ exister, pour des chaines de rien du tout. Pour une couronne qui vous saigne de partout. Non. Je sais que ca vaut pas le coup. J’ vais voir à ma vie, c’ est tout… J’ ai fait le choix, de me choisir moi…

 

J’ t’ avais fait une promesse mam. T’ en avais fait une aussi tu te rappelles, et deux et trois? Dans 426 sous-catégories plus farfelues les une que les autres. C’ est ce qu’ on apprend aux tout-petits à Noel, après leur avoir mis en pleine gueule toute l’ année à coup de Vas-t’asseoir-dans-le-coin , qu’ il faut toujours être honnête : qu’ on est pas toujours le modèle que l’ on revendique quand on finit par les obliger à remercier pour les présents offerts qui ne conviennent pas, mais pas du tout. Leur apprendre à maquiller, à embellir la vérité… Leur apprendre la destination 364 jours par année et tout compromettre l’ espace d’ une veilléé où l’ on se croit tout permis, où l’ on croit avoir enfin acquis cette force, de ne plus abdiquer. De se parler, avant de sombrer. Tu sais, comme cette promesse faite à toi-même… Oh, c’ est pas si mal au fond, je l’ espère du moins. Y’ a pas de cadeau à retourner, qu’ un emballage qui s’ est goinfré des saisons de lunes à vouloir se faire désirer. À se torturer les confettis de ne pas savoir se faire aimer. À baisser le prix l’ espoir de changer d’ allée, pour voir des yeux le reluquer. Mais t’ as  mis du tape en esti ! Et je doute de l’effet, un coup la colle enlevée. Un nouveau look? Un second souffle? Un nouveau départ? Tu sais, on échange pas  une vie usée, comme on change une paire de souliers….

 

***Bon…. L’ exivrogne, Il est plus sage que moi… Il me fait suer, ( ;) ) pour tout vous dire, avec sa facon toute particulière et si douce de me faire voir les choses telles qu’ elles le sont… L’ expérience, ca ne s’ acquiert pas en alignant les syllabes et/ou en voguant d’ un état d’ âme à l’ autre et/ou en ajoutant à la stupidité de la culpabilité…. À bien y penser, c’ est des oreilles que je devrais m’ greffer su’ l’ coeur…. M’ enfin… Merci tout plein m’sieur! :)

 

Voici la nouvelle solution, qui sera difficile à gober pour la famille, mais puisque la décision finale-familiale repose sur mes  épaules… Voici, donc le discours téléphonique qui se fera ce matin, préparé par l’ ami le plus adéquat en la matière:

 

”Mam, j’ crois pas que tu m’ aies donné la vie pour me la faire souffrir. Alors, voici clairement ce que je suis prête à faire pour vivre heureuse… ”

Te voir admettre ta maladie et te voir faire ce qu’ il faut pour t’ en sortir, notamment, prendre tes médicaments, et le faire sans altérer le résultat avec d’ autres substances.Ces deux conditions sont les seules pour maintenir notre relation.

Si tu entends les respecter, moi je vais t’ aider. Pour t’aider je suis prête à faire deux choses…

1. Aller te porter en thérapie pour maîtriser ta dépendance.
2. Aller te porter chez ton psychiatre pour régulariser ta médication que tu as toujours modulé avec la prise de substances.

 
Es-tu prête à aller en détox?


Là, elle va probablement changer de sujet… te dire n’ importe quoi… là, ca sera à toi de prouver que tu peux surmonter ta dépendance face à ta culpabilité… ( Hein, qu’ y vient-ti pas me chercher, y’ a le tour, avouez ;) )  Awayez pesez sû’  l’ bobo, j’ aime ca! :P  

Ensuite,Tu répètes “es-tu prête à aller en détox?”   

Si elle refuse, tu raccroches et lui demande de te rappeler que lorsqu’ elle sera prête…

Ces conditions, sans quoi, plus d’ entente. Plus de présence. Niet. Nada. Prout.

Et?

…………………..
Et ensuite?
En plein ca!!!!!!
Reprendre le bonheur là où j’ l’ ai laissé poirotter! ;)
Me sens comme dénudée là!  Si jamais ca se reproduit, sortez le teaser virtuel, mais faites qqc!!!   ;)
Allez, à pluche bande de vous autres, on va ben en rire tantôt! J’ ai pas encore dormi, ca s’ annonce joli!… :S
Fec Bring, j’ espère que tu vas pondre un autre de tes textes délirants, que je refignole ca à ma facon ;) 
On rigole bien par chez toi!
Y’ a aussi Bleue Cobalt, sa douce,  qui prépare ses smoothies,  qui arrive même à se faire des entorses de pouces en restant évachée sur le divan et qui invente de fascinants jeux tels que : Trouver Charlie le chat! :)
Passez leur dire bonjour, j’ comprend pas plus que vous! :P
Bon matin métropole, il est présentement 6 heures 17 minutes! :S
 

Le connard à la bite juillet 3, 2008

2371814535_20951b58df_m Parce qu’ on est tous humains. Parce qu’ on a besoin de se relier… Parce que certaines personnes ont cette lueur au fond des yeux, d’ avoir su être, devenir, malgré…

Voici le texte d’ une copine… Ses mots à elle… Cette lettre, elle la remettra en mains propres… J’ aimerais que chacun qui la lit, si possible, puisse lui envoyer une petite pensée… Ne serait-ce qu’ un appui profondément humain…

La place est pour toi ma jolie… VIS! xxx.

 

Bien que huit années séparent la jeune femme que je suis aujourd’hui de l’enfant que j’étais alors que tu m’enseignais, je n’ai rien perdu de la plume et de la vivacité d’esprit dont tu m’ as tant louangée. Je n’ai pas eu la chance de te regarder dans les yeux pour te dire ce qui suivra, mais je crois, que par l’encre et le papier, j’arriverai à te faire ressentir toutes les larmes qui ont mouillé mes joues, toute la rage que j’ai eu au cœur pendant presqu’une décennie, et toute la peur que j’eus, jadis, de parler et d’être.

Parce qu’en tant qu’enfant, on peut éprouver un certain malaise dans une quelconque situation, on peut différencier le bien du mal. Moi j’ai su, j’ai oublié, puis je me suis souvenue. Tu veux que je te raconte comment tout s’est déroulé ? Je n’ai rien oublié; je veux que tu vois, toi aussi. Joue au spectateur, je serai la conteuse.

C’était en août 2000. J’étais rendue une grande de cinquième année. Ceux qu’on regarde avec envie en première. Il faisait encore chaud, ça sentait le début de l’année. Tu connais cette odeur là, c’est la même qu’en juin. Le plancher ciré, les cahiers neufs et le windex. J’adorais l’école, j’étais une curieuse de nature, une fouine. Je suis entrée dans le local 501, un peu nerveuse à l’idée de tout recommencer, encore une fois, de voir qui seraient mes compagnons pour l’année à venir. L’accuité des souvenirs que j’ai de cette première journée en ta compagnie est impressionnante. Je me souviens de tout; de l’emplacement des bureaux à l’ombrage que créaient les deux arbres derrière les fenêtres de la classe. J’étais assise face à ton gros bureau brun de professeur. Tu nous as dit bonjour, puis tu t’es présenté.

Le tata, 52 ans, provenant d’une grosse famille de la région de Québec, très croyant, pratiquant, spirituel, et enseignant depuis plusieurs années. Tu semblais très intéressant, voire attachant. Tu as parlé de beaucoup de choses, très longtemps. De ce que Dieu t’avais apporté, de ce qu’il t’avais fait découvrir, de la passion que tu avais pour l’enseignement… Je dois avouer que la suite m’échappe un peu, mais tu en es venu à nous parler de pédophilie. Que ce n’était pas correct, mais que, de nos jours, c’était plutôt courant. Puis tu as dit : « Moi, ça m’arrive souvent d’accrocher des p’tites filles dans les parties intimes, mais j’m’excuse toujours. » Tu as dit ça exactement comme ça. Pourquoi ça m’a marquée, pourquoi je m’en suis rappellé six ans plus tard dans un cours d’éthique et culture religieuse ? Je ne sais pas. Comme je te l’ai écrit plus tôt, je me souviens de tout.

Septembre a passé comme l’éclair. J’aimais la façon dont tu partageais ton savoir, le temps passait rapidement à l’école. Tes parents sont décédés en octobre, si je ne m’abuse. Tu as été absent pendant quelques semaines, pour revenir vers la fin du mois d’octobre. C’est à partir de là que je t’en ai voulu, que je t’en veux encore, pour être honnête.

Aurais-je tort de prétendre que j’étais ta chouchou ? J’avais un accès presqu’illimité à la classe, quand j’en avais envie. Tu m’offrais de rester aux récréations et sur l’heure du midi pour jouer à l’ordinateur. J’avais même le privilège suprême de laver le grand tableau à la fin de la journée. Tu me gardais toujours près de toi. Quand tu organisais des concours de dessins, je gagnais. À l’heure de l’improvisation, je gagnais. J’avais tout ce que tu voulais me donner. À un certain point, j’en étais profondément mal à l’aise. Peut être, toutefois, avais-je réellement du talent, peut être…

Puis, tu te rappelles de novembre ? Cherche…

Novembre est froid, pluvieux, triste. C’est ce que je retiens de novembre. Quand il arrive, je me terre dans un coin jusqu’en mars. Tu te rappelles de novembre ? Moi si; il n’a pas fait exception à la règle.

Je revenais de je ne sais trop où. J’étais au troisième étage, en direction de ta classe. Tu te souviens de ce corridor ? Sur la gauche, il y avait cinq ou six casiers. À la droite, l’escalier menant au deuxième. C’était très étroit et sombre à cet endroit. Les néons ne produisaient pas un éclairage optimal en novembre. Je marchais, donc. Puis tu es apparu de quelque part, sans doute. Tu marchais en ma direction.

Tu veux savoir ce que j’ai vu dans mes jeunes yeux ? Tu veux savoir ce que mon petit corps a ressenti ? Tu veux savoir ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment ? Je te l’offre.

Tu ne m’as pas saluée. Tu ne m’as pas regardée. Mais rendu à ma hauteur, tu m’as attirée contre toi et tu as placé ta main entre mes cuisses. Entre les cuisses d’une enfant. Tu as pris deux de tes doigts que tu as forcés à travers mon pantalon. Tu voulais les entrer en moi, n’est-ce pas ? Dans une enfant, c’est ça ? Tu as forcé, forcé, jusqu’à ce que j’aie mal, parce que j’avais mal, oui. Tu t’es retiré et tu es parti. J’ai eu du mal à marcher. Je me suis arrêtée.

« Il s’est pas excusé

Tu comprends ?

J’ai fais le lien. Mais j’avais dix ans. J’ai osé penser que tu étais peut être pédophile. C’était ça, non, la pédophilie ? La définition que tu en avais fait et tout… Je me suis traitée de folle. J’avais dix ans, je me suis traitée de folle. Tu ne pouvais pas être pédophile,  tout le monde t’adorait ! Moi aussi, d’ailleurs. Sauf qu’à ce moment, j’ai commencé à angoisser face à l’école. Tu ne m’as pas aidée, pour être franche. D’abord, il y a eu le clavardage sur l’heure du midi avec des étrangers sur internet. Tu trouvais ça bien drôle qu’un homme dans la trentaine face des avances sexuelles à une enfant. Tu te souviens ? Kevin, Jason, Diana, Amélie et James. Tu nous avais inscrit sur un site de clavardage et tu nous regardais faire. Tu as poussé l’audace jusqu’à faire signer une lettre à ma mère pour te donner l’autorisation de me faire rester en classe sur l’heure du midi pour me pratiquer à l’ordinateur. Félicitations.

Tu te souviens des cours de sexualité ? Combien de fois tu nous les as présentés comme des cadeaux ?  ” Si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas de cours de sexualité. M’ dérange pas, moi, j’enseigne pas à des bébés” Tu nous as donné un papier, à chaque élève. Tu nous as obligé à poser des questions. Tu les lisais à l’avant, celles qui n’ étaient pas assez explicites, tu les jetais. Je t’ai même dis : «J’en ai pas de questions, moi !» Tu m’as répondu, que tout le monde avait des questions et qu’on était obligés d’en poser une. J’avais pas besoin, à dix ans, de savoir ce qu’était une fellation.

Chaque fois que tu m’approchais, je me crispais toute entière. Quand tu passais tes mains sur mes épaules, dans mes cheveux, j’arrêtais de respirer, de parler, mon cœur faisait un bond. Le traumatisme de la victime face à son agresseur, c’est ça ?

Après le voyage de fin d’année à Québec, j’ai commencé à souffrir d’un trouble psychologique étrange. J’ai cherché de l’âge de dix ans à quinze ans ce dont il pouvait s’agir. J’ai consulté un psychologue durant 7 ans (une rencontre chaque mois pour 70$ = 5880$) pour mettre le doigt sur mes problèmes, un à un. On m’a prescrit des anti-dépresseurs, que je prend depuis maintenant deux ans (une bouteille de prozac par mois durant deux ans = 1000$). J’ai fais trois dépressions et une tentative de suicide. Tu veux savoir de quoi j’étais atteinte ?

° D’un trouble obsessif-compulsif s’étant déclenché suite à un traumatisme durant l’enfance.

° D’attaques de panique récurrentes.

° De crises d’angoisses sévères.

° D’une peur incontrôlable de l’école.

J’ai parlé pour la première fois en novembre 2007. J’ai réalisé le mal que tu m’avais fait en 2006 lors d’une visite du C.A.L.A.C.S. (Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel). Il s’est donc écoulé une autre année entre ce moment et la date où j’ai tout dit, le 16 novembre 2007. Dans un cours d’anglais, après un exposé oral, si tu veux tout savoir. Je l’ai annoncé à ma mère environ deux semaines plus tard. Je lui ai pleuré dans les bras pendant des heures. Je ne l’ai pas dit à mon père, je ne savais que trop bien qu’il serait parti à Québec en furie, et le mot est faible. Ma mère s’en est chargé et l’a retenu. Tu m’as fait pleurer. Tu as fait pleurer mes tantes, mes cousines, ma sœur. Tu t’en souviens, de ma sœur ? Mon père t’aurais tué, mon frère te détestait. Ils t’ont tous fait confiance et tu en as profité. Ma famille entière m’appuyait. Et pourtant…

En février, j’hésitais toujours à porter plainte à la police. Mes parents nous ont offert des vacances à Punta Cana, du 10 au 17 février. J’ai porté plainte le neuf. J’ai passé une semaine de rêve, loin de ma tête. À mon retour, j’ai reçu un appel de l’enquêteur qui me disait que le procureur de la couronne avait rejeté ma requête et que l’entrevue que tu devais avoir avec lui était, du même coup, annulée. Tu as eu peur, n’est-ce pas ? Pourquoi faire le trajet de Québec à  XXX  simplement pour te proclamer innocent, quand eux, seraient allés te rejoindre ?

Mon anxiété, je la sens dans ma tête à chaque minute. Je doute à chaque seconde. À l’école, j’ai un taux d’absentéisme assez impressionnant depuis mon secondaire quatre. Mais tu sais ce qui me rend fière ? Je me sais intelligente. Malgré tout. J’ai toujours gardé une moyenne scolaire aux alentours de 85%. 98% en anglais. 92% en français. 90% en histoire de l’art. J’ai lu Freud, Socrate, Camus et Proust. J’ai étudié Le Bernin, MichelAngelo, Duchamp et Magritte. Mes professeurs me disent que j’ai du potentiel. Ils aiment mes dissertations, eux aussi. Je vais étudier à l’université en communications, branche publicité et relations publiques. J’apprend tranquillement à vivre avec une nouvelle moi, qui vit chaque jour comme s’il s’agissait du dernier. J’ai appris à ne plus me censurer, à exprimer qui je suis et ce que je ressens, soit par l’art, l’écriture, le théâtre, et maintenant la parole… Et moi qui n’a jamais été capable d’approcher un garçon, voilà maintenant que j’essaie de mon mieux de lui accorder toute la confiance qu’aucun homme n’a eu de moi. J’ai des passions et des buts. Je n’ai pas oublié. Et chaque fois où j’entend parler d’un pédophile, je tends l’oreille. Quand j’entendrai parler de toi, je jure que je serai la première au front. Je sais qu’il y en a eu d’autres, j’attend. Et si elles n’arrivent jamais, ce n’est pas grave. Parce que toi, tu sais. Toi, tu vivras chaque jour dans la peur que l’une d’elles se manifeste, encore. Tu auras peur de perdre ton équilibre, de te faire sortir de force de cette jeune retraite. Je ne t’aurais pas souhaité la prison ou la mort. Ta tête est capable elle-même, de te faire justice.

 

Maline 

*EDIT : Pour tous ceux qui ont envie de communiquer avec Maline, une nouvelle adresse a été créé spécifiquement à cet effet… La voici : maline_199@hotmail.com

 

J’ t’ adore cocotte, tu sais où me trouver, si y’ a quoi que ce soit ;)

 

Brin de lilas sur fond de béton juillet 1, 2008

 vulnerable 

Perché près du rosier gigantesque, un merle d’ Amérique, le vers au bec, semble danser sur place dans une chorégraphie qui m’ est tout à fait étrangère… Étonnamment, j’ me dis, qu’ instinctivement, c’ est fort peu probable qu’ il ait oublié sa destination, son nid, ses petits… Il continue son manège et cela m’ intrigue davantage… J’ entends alors : ” Les oiseaux ne demandent pas toujours la permission aux parents pour sortir du nid” et ma grand-mère de rétorquer, visiblement ailleurs dans ses pensées :” Quand est-ce qu’ on fini d’ être parent hein? ” Jamais. Point. Mais ça, elle le sait, elle l’ a vécu… toute sa vie. L’ inquiétude qui démord pas et qui te lacère l’ estomac. Elle en a bavé. Tout plein. Et à ce moment, je compatis pour elle. Je saisis l’ ampleur de sa souffrance. L’ immensité du verbe aimer et notre capacité à le renouveler.

Pas loin de là, y’ a la tornade qui joue avec maman. Y’ a des signes qui trompent pas. Ça sent le coup de théâtre à plein nez. L’ indécision, la fuite. Les échecs, la souffrance, c’ est parfois des coups de masse pour surmonter ce qu’ on a su réaliser. Faire l’ impossible, pour changer. Faut toujours s’ accrocher, on sait jamais, quand on se met à grimper, si y’ a pas un barreau qui va céder et nous contraindre à dégringoler… Nous confiner à espérer, qu’ un jour, ça puisse enfin s’ arrêter… Maman le sait aussi. C’ est une fleur fragile, mais dure comme le roc, un brin de lilas sur fond de béton.

J’ ai su ce matin qu’ elle avait cessé ses médicaments, maladie oblige, c’ est pas la joie ce genre de nouvelle j’ vous raconte pas! Je lui ai fait une promesse, il y a quelques années, alors que de mon plein gré, je l’ avais menée parmi les marginalisés… Je lui avais promis de ne plus jamais la laisser tomber, de ne plus jamais la laisser y retourner…

C’ est pas toujours évident de changer les solutions, quand on vous inculque depuis l’ enfance qu’ y a des gens diplômés qui sont formés pour la réhabiliter… Mais c’ est pas qu’ ça au fond… C’ est pas tant la remettre sur pied, que de lui remettre en pleine gueule que si elle se conditionne pas à vos règles, alors elle devra se méfier… De tout ce qu’ elle est, du beau comme du mauvais. Et j’ suis plus de celles qui veulent porter ce fardeau, alors je me sens perdue, z’ avez pas idée!  Y’ a que j’ en ai marre de me sentir siphonnée de partout, j’ voudrais juste être là, c’ est tout…

 

Alors dis, avant qu’ tu sois hors de portée, j’ aimerais bien qu’ on puisse réaliser un truc toutes les deux. Qu’ on apprenne à communiquer. J’ voudrais connaître ta vérité, pas celle du monde, ça collera jamais à la mienne mam, tu le sais. Que la tienne. Qu’ enfin, tu la relies à la mienne. J’ suis pas de celles qui peuvent faire les choses à moitié, même si je me tue à essayer. J’ m’ en fais trop quand j’ sens que tu veux pas te confier. J’ m’ attends toujours au pire, et il est parfois bien moins aigre que tout le doux inutile dont j’ essaie de te dompter quand la vie te colle au plancher. T’ es pas un chien, j’ en conviens, peut-être que c’ est ma perception qui manque de flexibilité.

Juste que j’ en ai marre que tu joues la game de la maternité au passé composé, tu comprends?  Le passé simple, faut oublier… Le futur, c’ est pas si loin, c’ est ce demain qui se pointe le bout du nez, confiant de le surpasser, de riposter pour tous les jours flambés, vas pas te geler pour y arriver….

Y’ a aussi que je sais jamais si j’ arriverai à faire la juste part des choses… Mes limites, tu sais, j’ les sais pas trop… Parfois si, quand c’ est juste trop. Les habitudes sont pas si loin parce qu’ on a changé de décor hein? Mais tu sais, j’ te sens pas si loin, encore. J’ crois qui m’ faut me rattacher a ça, j’ essaie, j’ en ai besoin, à 27 ans, même si ça te semble tordu qu’ j’ aie encore besoin de toi, qu’ j’ aie ce besoin viscéral qu’ tu te protèges de tout ce vécu… Cette bombe en toi. C’ est pas moi qui va te l’ apprendre. Juste que j’ ai passé l’ âge de m’ éloigner là ou t’ essais de me protéger. On a le passé qu’ on a, j’ y peux rien, toi non plus… Mais ce jour d’hui, tu crois qu’ on a le pouvoir de s’ agripper et de tout faire pour le changer?

Tu fais parti de mon mobile, tu fais parti de ma vie… M’ oblige pas à prendre mes distances, à me mettre à l’ écart le temps que tu te remette en selle… Parce que je peux plus, j’ y arriverai plus, si les choix que tu fais te mènent là … J’ veux plus jamais te voir au milieu de ceux-là qui se décalissent l’ existence parce qu’ ils n ont de tête que pour les murs qui les grondent de n’ avoir su se faire prendre… Ceux qui s’ y fendillent le crâne, qui s’ y agrippent les ongles, voire qui s’ y frottent le corps tout entier faute de chair à abuser… Bref, tous ceux-là qui m’ donnent envie d’ hurler tant j’ ai peine de les voir à tes côtés…

J’ veux plus voir ce regard sur ton visage, ce vide de ne savoir être autrement. Je t’ aime.  Avec tous tes autrements justement, qui m’ ont appris à faire les choses différemment, à aimer…. autrement. 

On s’ en reparle dans 24 heures… Je t’ aime xxx

 

Vacarme silencieux… juin 30, 2008

 

À cet envol qui me cause seulement la crainte que je m’impose face à l’inconnu…

sticker En ces recoins hautains, sur la paille qui m’abrite, bordée par le murmure du vent et l’éclat de ces feuilles qui aspirent la vie, je me sens à l’abri… Calfeutrée dans les plumes et les cris, vautrée dans le duvet fragile des miens, j’écoute la légende du grand saut. Ce jour de grands remous où le battement de mes ailes aura un impact sur les nouvelles couleurs qui défileront à mes yeux…

Soudainement, j’admire mes frangins, ils ne craignent ni la chute, ni les soubresauts du vent. Ils tremblent et s’époumonent dès l’arrivée de maman, Ils rêvent de l’envol, du moment saisissant qui les confrontera aux grands vents… Mais moi, j’ hésite, je n’ ai aucune idée de ce qui m’ attend lorsque j’ aurai à décider, lorsque j’ aurai à assumer ma liberté…

Le doute m’ envahit, plane là où mes tourments prennent vie… Suis-je seule à me demander si nous ne le sommes pas? Véritablement je veux dire. Être entouré c’ est bien simple, mais être appuyé, aimé pour ce que l’ on est, bordé par une loyauté dont l’ on sait forger nos amitiés, c’ est autre chose… La vérité, c’ est que je ne sais jamais si je puis avoir confiance…. Si je puis m’ ouvrir aux autres sans y perdre davantage que ce dont je me coupe en vivant parmi les autres, sans y être… Vivre dans une bulle, ça protège, mais ça éloigne… Y’ a des choix que l’ on paie durement, après coup, surtout quand l’ on se ment, quand l’ on se perd soi-même…

Je parlais avec un ami, du fait que j’ me sens comme celle qui flotte sans trop savoir de quel coté ramer… Il faut dire que la vie, ici, c’ est qu’ une parcelle de tout ce qu’ on vit, par chez moi, j’ ai cette tendance à guider, à relever les miens, parfois même à prendre la relève, à leur tendre la main et une poignée de conseils, sinon l’ oreille et quelques heures pour que, mutuellement, on se remette en selle, en silence… Donner, pour exister; concevoir qu’ on peut jouer le jeu sans y perdre plus que ce que l’ on cache…  S’ ouvrir. Aimer. Simple et pourtant si difficile. Quand j’ écris, je ne me sens plus la marionnettiste de rien… Je me sens plus libre, parfois même, vulnérable et capable de tout… Entre les flots de ces deux mondes, je suis tantôt bouée, tantôt épave… Pourtant, je n’ ai qu’ à étendre les bras pour pagayer, pour relier les 2, mais j’ perds le nord…. J’ valse un peu à droite, pour ne pas dire qu’ à gauche, j’ ai l’ impression qu’ tout m’ file entre les doigts… Et c’ est pourtant ce sentiment là qui me rend vulnérable, qui me fait me sentir vivante. J’ explore, je tente de me connecter, de trouver le chemin, la voie……. Puis, elle s’ effrite, se complique, s’ embellit, se résorbe, s’ émoustille, se gonfle, se dore, se gondole…..

Y’ a que mon attitude à balancer au fond… C’ est ce que ça me sonne, quand le chemin semble flou, c’ est probablement que je m’ acharne à m’ faire des misères pour croire qu’ enfin j’ arrive à y voir clair, quand y’ a toujours ce fichu sentiment d’ être à 2 doigts de goûter au bonheur… Alors qu’ c’ est pas ça… J’ ai les deux pieds dedans. Chaque minute de chaque seconde. Toujours. Et. Je. Le. Sais. Je crains seulement de faire des choix. Je crains de couper des ponts. Je crains, parce que je ne sais pas… J’ arrive tellement bien à ramer quand la tempête se pointe… Si j’ y arrivais pas, quand régnerait le calme plat?

ET y’a tous ces tics qui proviennent du manque de tact… 

La journée a été difficile… J’ ai vu maman aujourd’hui. J’ y reviens. Tout de suite après ce billet. Pour couronner ma journée déjà riche en émotions fortes, j’ ai eu l’ ex au téléphone.. Je disais justement que je crains toujours les représailles s’ il vient lire ici, en moi. Alors j’ évite de brasser la merde. Pour passer à autre chose. Pour vivre sans les complications que je sens quand je me rappelle cette vie…. On dirait qu’ il le sent, quand j’ suis à côté de mes pompes, on dirait qu’ il vient encore plus me chercher, quand il me siphonne le jus que j’ ai à peine pour me remettre sur pied….  J’ finis par ne plus savoir comment m’ y prendre, pour me déshabiller de tous ces murs que j’ ai érigé contre ma peau… J’ ai aucune idée d’ la façon d’ faire l’ essorage et de balayer les naufrages au passage… Mais ça il le sait… On a cette faculté de s’ asseoir sur l’ homme qui se met à ramper, cette force aussi de s’ agenouiller à la vue du précipice vers lequel on a marché pourtant sans broncher…

On apprend toujours-jamais à tomber, hein? On apprend toujours-jamais à se pardonner…

Dehors, y’ a le soleil, craintif et hésitant qui m’ apparaît blessant de ses rayons aveuglants… Doit-il rester? S’ en retourner? Y’ a aussi un ciel digne des douceurs que je tente de soutirer au bonheur… Y’ a la vie quoi, et je la fuis. Ca sent le paradoxe à plein nez. Je suis heureuse et je crains de l’ être. Alors la vie me fiche une raclée pour me rappeler que j’ avais pas à hésiter…

J’ ai la chaîne qui débarque alors je pédale encore plus vite, j me dis que ça va peut être revenir tout seul, que j’ vais peut-être pas être obligée de débarquer pour la remettre en place… Y’ a des choses que j’ accepte parfois pour mieux me restreindre et laisser aux autres une emprise sur moi, inconsciemment jouer la victime ça passe, sauf qu’ en être consciente et faire parti des actes qu’ on y joue, c’ est du délire! Peut-être que j’ aime être en colère, peut-être que j’ arrive à en faire des merveilles lorsque je dois m’ en écarter… Peut-être que j’ attend toujours l’ instant critique pour me remettre à pagayer… Qui sait…

Alors en gros, là, je laisse tomber… Je vis sans cesse avec la menace du contrôle de l’ autre. Pas d’ amour, pas de pension, pas d’ avenir, pas de pension… Incompréhension, pas de pension, colère, frustration, manque de pouvoir sur moi, pas de pension… C’ est assez… Allez savoir pourquoi je me bat… On exagère toujours le pire… Je vais l’ amoindrir ce coup-ci… 10 dollars par jour… Voilà pourquoi je me bat… ET c’ est assez… Le prix est trop élevé, pour troquer ma liberté.

Bon, sa mère maintenant, mouais, ca aussi c’ est compliqué… À plus! xxx

 

Pour Kathleen… mai 7, 2008

 

DSC00039(1) C’était vendredi… Ce n’ est pas possible… Pourtant il faisait si beau. Je profitais du calme et de la chaleur du soleil sur ma peau. J’ étais si bien. J’ avais les pieds dans la promesse de l’ été qu’ il me tardait de défricher… J’ avais donné les sueurs de mes espoirs pour essayer de trouver le métier qui allait aider à me réaliser… J’ avais tant bûché, approchait le temps de me reposer…

 

Les vendredi quand on a 15 ans, ça vaut les couleurs qu’ on porte au corps pour mieux distinguer celles qui sont au-dedans… Ca vous donne des airs d’ immensité dans une marre d’ infinies possibilités, ça vous promet l’ avant et l’ après de celui ou celle qui, tout en étant qu’ un rêve, un modèle, peaufine le projet qui sera un peu de vous, demain. Les vendredi, ça vous inculque aussi la reconnaissance d’ avoir connu la souffrance sans la déchéance… Ça vous fait voir le blanc dans le gris…

Les vendredi, ça vaut les bourgeons qui n’ ont pas éclos, ceux là qui narguent l’ hiver de n’ avoir su les mettre en terre… Ça vaut le bourdonnement des abeilles qui redonnent vie à un vide que le froid avait envahi. Et ces autres bourdonnements ? Qu’ en est-il du vacarme incessant et effréné du mal glaçant sous mes tympans ?

Il y a des vendredi où, malgré le soleil qui nous attendrit, nos visage se glacent sous des lacs de pluie…

Le monde tourne vite après ces vendredis là, il y a les sirènes, des gens inquiets, ceux-qui font comme-ci parce que trop lourd d’ admettre qu’ à 15 ans, on étendra plus nos ailes face à la vie… Ç’est ce qu’ ils ont dit à l’ hôpital quand le coma a prit possession de ma voile, de mon mat. Il y avait les séquelles à envisager aussi, tant de non-dits, d’ incertitudes… Il y avait maman aussi, dans les bras d’ un papa déconfit face à la tragédie… Un ACV, c’est mesquin, surtout quand ca te soutire une fille qui n’ était même pas en âge de conduire…

C’était Dimanche quand ils ont dit que ce même vendredi j’ avais puisé dans ce qu’ il me restait de réserves pour mener à terme mon voyage… Dimanche leur a t’ on dit, les vendredi équivaudraient à jamais à des lacs de pluie

Alors, si aujourd’hui vous parlez de moi en ne sachant dire : ”Est-ce qu’ elle a” ou ”Est-ce qu’ elle avait”…. Sachez que votre inconfort je vous le comprends bien, sachez que vous me manquez et que, quelquepart, je cherche des réponses face à vos larmes, face à vos doutes aussi.. Sachez que je suis là, juste à côté, à vous prendre la main pour franchir l’ été

 

Pour mon ami Oli, qui a perdu sa cousine dans de déplorables circonstances… Je t’aime fort, prends soin! Je t’accompagne, promis ;)

 

 

Strip-tease de mots mai 1, 2008

 

‘’Pour que dans l’esprit d’un couillon, la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles.’’ Gallimard

 

2371814535_20951b58df_m J’ ai les mots qu’ il me faut amadouer… On va pas s’ complaire à se dire qu’ on a une selle sur eux hein?… Ça les ferait bien se marrer,,, Et du coup, j’ me dis qu’ on peut pas les lancer là, sans se soucier de leurs répercussions… Qu’ il faut tenter d’ apprendre à les élever, sans se mettre à leur niveau, sans non plus jouer  les clowns de service qui gardent le nez toujours en place…

Y’ a aussi l’ égo qui se fait prétentieux de croire qu’il peut réchauffer le monde à coup de morales décongelées… Et l’ orgueil aussi, l’ orgueil de ne pas toujours y arriver… De ne pas comprendre. De devoir attendre. Attendre que les mots filent pendant qu’ on ne chemine pas assez pour les enligner… Ces mots dont on voudrait se gaver de la présence le temps qu’ ils passent, ceux dont on aimerait retenir la chaleur sur notre peau, voire même, s’ imbiber de leur puissance, de leur consistance… Faut aussi les décortiquer, les simplifier, les relativiser… Faut être prudent quand on baragouine avec de la nitroglycérine entre les dents…

Alors on reste vacillant entre les 2, entre l’ acceptation et la confrontation de soi… Puis y’ a tous ces conseils blasants, ces culs de sac qui font qu’ le courage change de bord sur l’ impasse de les saisir… Ces nids de poule qui font qu’ on reste sur la défensive, sur un pivot qui adapte sa conduite face à tous les hivers qui se sont incrustés depuis…

Dur dur de déjouer le sort du monde et de remettre des culs sur la bonne voie quand on arrive à le faire si peu que pour soi…  Car la paresse de… et  l’ envie de… Mais toujours cette trouille qui ficelle les lèvres rendant le discours encore plus lourd sur le pèse-personne… L’esprit, c’ qu’ un pauvre gamin, naïf… Faut pas le blâmer… Il n’ attend que son dû face à toutes ces violences qu’ on s’ infligent quand la tête se risque à regarder derrière et que font office de bataillon, au travers des vices de l’ affection, ces nœuds du coeur qui forgent l’esprit, ces esquisses symboliques empruntées aux souvenirs…

Et ces chenapans! Parlons-en! Ces mots qui ont souvenir de tout un tas de souvenirs…  Ceux qui déambulent,  ces autres qui entravent nos bulles, quittent à les voir exploser… Y’ a aussi ceux qui s’ assouplissent quand les tempêtes refroidissent… Ces autres qui glissent entre les cuisses et qui lissent les écailles dont les yeux se tapissent…  Enfin y’ a ces mots qui saoulent et qui unissent, ceux qui font qu’ les couleurs jaillissent…

IL n’ y a pas de moments ordinaires, alors faut trouver les mots pour qu’ ils puissent vous plaire…

 

tryo mai 1, 2008

 

Misha_Gordin_04 J’ ai assisté à une triste scène de ménage. Un peu comme on assiste à une émission télé, impuissante, hors d’atteinte… Ça m’a ébranlé, ça m’a choquée… Je regardai alors autour de moi…Il n’y avait plus personne. J’etais seule, peu à peu les couleurs ont repris forme, le décor a changé. Cinq ans d’archives de ma vie parties en fumée… Je comprend à mon réveil que le vide que je ressens n’a rien d’irréel : je me suis séparée. Mon fils vient de me demander : ‘’ Notre famille c’est 3 personnes ? Maman, nous on a plus de père dans notre famille hein ? Sunnee, Nathan et maman…3 personnes…’’ Ce matin, c’est mon histoire qui m’a rattrapée … Mon p’tit homme vient d’avoir 4 ans et vous êtes dans ma réalité…

 

Je ne vais pas toujours au fond des choses, fouiller c’est détruire… (Aurais-je peur d’offrir à qqn d’autre la possibilité de relever mes échecs?) Je me rappelle… J’avais grandi dans une famille décomposée avant de décomposer la mienne… Épuisée de me battre, de me décevoir, de ne rien faire pour éviter d’être consumée par un feu qui m’avait jadis portée bien haut…Qu’est-ce que j’ai fais… Ma question à moi c’est: ‘’Est-ce que j’ai fermé les yeux?’’ J’ai peur de répondre, j’ai peur de moi, peur d’être comme tout le monde et d’accepter la fatalité de la vie…

Est-ce que je me suis enlisée par crainte de perdre le contrôle, en particulier sur moi ? Jusqu’où aie-je été, dans mes propos et mes pensées… Cela me pèse… Je me sens coupable de mes malaises. Je n’ai pas toujours les mots qu’il faut… Je prends mon fils dans mes bras et je le serre bien fort. Je lui dis : ‘’ Soit patient mon loup… (Combien je voudrais qu’il sache que son père s’ennuie sans qu’il culpabilise du chagrin de celui-ci…) Papa t’aime… Ce sont les trois mots que j’ai trouvé pour compenser le vide sans en créer un de nouveau… Il t’aime, tu n’y es pour rien… Je me sens fautive. Je voudrais geler le temps et crier bien fort. Je ne veux tellement pas vous faire de peine. J’en avais trop moi-même, je ne voulais pas que ça soit comme ça… Pourrez-vous comprendre un jour?

Je me demande parfois tard le soir ce qui vous chagrine réellement derrière chacune de vos tristesses… Proviennent-elles de maux passagers ou sont-elles le déboulement d’une peine bien plus grande encore… Avez-vous des craintes dont vous n’osez me parler… Croyez vous en moi lorsque je vous dis que ça va aller… Est-ce que ça va pour vous quand je crois que ça va pour moi? 

J’ai appris dernièrement que je pouvais vous supporter sans toutefois façonner le chemin qui guide vos pas… Je me sens impuissante face à ce que vous vivez par ma faute et je souhaite de tout cœur que vous puissiez réaliser ce qu’il m’en a coûté d’avoir ainsi remanié vos vies. Nous sommes forts. Papa vous aime et maman aussi… Je n’aimais plus le modèle que nous étions ensemble pour vous et je crois que papa comprendra aussi. C’est un homme bien votre papa. Il est mon confident, mon ami et je l’aime… Je l’aime d’une amitié complice, je crois en lui et je sais qu’il sera toujours là pour vous… La peine va passer et il aura tant à vous donner. Papa s’inquiète de ses absences et je le vois dans vos yeux aussi… Mais ne vous en faites pas… Ce n’est qu’un mauvais moment à passer…

 Dessines la famille que tu as mon bonhomme… 4 personnes. Un papa, une maman et 2 frères adorables! Même s’ils n’habitent plus sous le même toit… Papa et maman, resterons toujours papa et maman…

Ce soir mes amours je vous envoie une recharge d’amour. Je viens de vous voir somnoler et vous sembliez si paisible. Cela m’apaise. Je vais dormir. Demain on réserve papa pour une fds de garçons! Ça va vous faire du bien! 

Que je vous aime !!

Mandoline xxxxxxxxxxxxx

 

Dans l’antre du diable avril 27, 2008

 flitz Bien que je n’ arrive pas à me dire que la peine de mort soit une solution envisageable, y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer un monstre de mes propres mains ( :P Renart) … Quand la douleur, la soumission, l’ enchaînement, l’ impuissance, les cris et l’ atrocité règne dans un univers d’ un mètre 70, quand l’ agresseur a même le culot de vous passer sous téléviseur ce qu’ il vous manque d’ air à respirer… Quand ce même agresseur vous a enlevée et séquestrée plus de 24 ANS durant… Quand résulte de cette liaison 7 gamins nés sans soins, dont 3 adoptés sans une quelconque interrogation, pas même celle de la femme qui les a élevés croyant l’ homme qui les avait soi-disant trouvés face à la porte de la maisonnée ( le gouvernement qui érige les papiers, j’ ose même pas vous dire ce que ça m’ fait fredonner dans ma cervelle de p’ tite écervelée… J’ y comprend rien à toute cette bureaucratie compliquée qui fait qu’ on accorde un tuteur aussi facilement à un gosse sans provenance…)

*Rectification en date de ce matin, on citait cet extrait qui visait à démystifier le cas des adoptions :

Le père d’Elisabeth, qui a imaginé au fil des années un scénario des plus sophistiqués, a réussi à adopter trois des enfants, faisant croire à sa femme, Rosemarie, qui ignorait tout de l’affaire, et aux autorités, qu’Elizabeth avait, à trois reprises, déposé les bébés devant la porte de ses parents. Josef, père de quatre autres enfants avec Rosemarie, avait pris soin de faire écrire, à sa fille, des lettres d’accompagnement. «Le bébé a 9 mois, elle aura une vie meilleure chez grand-mère et grand-père qu’avec moi», expliquait ainsi une missive de 1993.

Alors bon, je pourrais passer outre, faire comme si rien, parce que… Mais ça m’ écoeure… Ça m’ écoeure de penser que j’ aurais pu être une de ces voisines, juste là, et ne jamais rien voir, (avec la faculté que j’ ai de me foutre de la vie des voisins gonflables qui pullulent mon voisinage) ça m’ écoeure de penser que mes oeillères de banlieusarde abrutie par le stress et le quotidien auraient pu servir à camoufler ce putain de démon qui a réussi à enfourner sa propre gamine et à lui donner 7 chérubins sous silence… 24 ans… C’ aurait pu être le regroupement des plus belles années… Celles qui façonnent les p’ tits bonheurs en d’ immortelles esquisses sur la peau de ceux et celles qui les chérissent. 24 ans. La vie devant. 24 ans. La liberté. Des projets. De la passion. De l’ amour. De l ‘ espoir. C’ aurait pu être un peu de tout ça, mais ça ne l’ a pas été, parce que vous savez, y’ a tout un tas de gens qui veulent tout simplement pas manger leur volée, tout un tas de gens comme moi qui, lorsqu’ ils voient les mots partir se contentent de contenir l’ ébullition qui menace de les envahir et de tout détruire… Y’ a des gens comme moi qui, s’ il ne se contenaient pas, prendraient les couilles de cet immonde salaud et lui ferait bouffer jusqu’ à le voir en crever sans même se demander s’ il y a crime ou atteinte contre les droits de la personne. Faudrait quant à moi être relégué à ce rang pour avoir le droit de s’ approprier la protection qui s’ y rattache… M’en ficherait pas mal vous savez, quand je penserais à cette gamine qui, lorsqu’ elle avait 18 ans, a été anesthésiée et menottée pour disparaître de l’ existence 24 ANS durant… 24 ans, ç’est l’ âge que j’ avais il y a 3 ans, lasse de mes tâches quotidiennes, de l’ amour fuyant de mon couple… Et j’ étais loin de m’ imaginer dans mes petites galères existentielles qu’ il y avait, à quelques heures de vols de chez moi, une jeune femme qui rêvait de vivre mon soap routinier…

Alors je me met à penser à toi Élisabeth, de ton recoin pesant d’ Autriche et j’ ose te dire que, lorsque l’ hiver me flanquera par terre, je vais essayer de m’ acharner contre moi, de sortir et de prendre ce grand bol d’ air que tu as du envier du fond de ta prison avec accès télévisé… J’ en reviens comme même pas… Faut être vraiment tordu d’ avoir pensé à t’ installer une télé… Ça me foudroie de penser que ça le faisait peut-être déculpabiliser, que ça ramenait peut-être de moitié son côté détraqué sur le banc des humanisés…

Je sais même pas quoi te dire, je veux même pas imaginer les images qui viennent à tes yeux quand ton corps lui, se bat pour dormir… Tu dois te battre à chaque instant, et je sais même pas ce qui a à te souhaiter, je sais même pas si de te dire de pas lâcher est ce qu’ il y a pour te permettre de continuer… Avec ce que t’ as eu à endurer, je crois que ça te donne même le droit de vouloir rêver, sans penser qu’ un jour, t’ aies encore à te réveiller…

Les liens vers les textes sur Élisabeth sont ici , , et

 

La vache aux grosses mamelles avril 24, 2008

1380954 Je me sens incohérente, inconsistante comme une grosse flasque molle qui n’arrive pas à constituer quelquechose de solide. À force de brasser d’la marde ca finit par devenir juteux, ça irrite, ça pique, pis ça nous inspire une démarche qui prend des airs d’la danse des canards quek’peu boiteuse.

Y’a des tas de choses qui me font chier, mais plus particulièrement quand je travaille et que les enfants me sortent des logiques tirées tout droit du coffre aux trésors dément qui sert de cervelle à souvenirs (dont ils ne retiennent que les bons coups!) à leurs parents (total délire quand on conçoit que c’que la plupart d’entre eux demandent à leur rejetons est de faire des trucs qu’ils n’ont, ni la sagesse, ni le gros bon sens d’appliquer dans leur propre vie!) , ces mêmes logiques qui les contraindront à jouer les béquilles de service ou pire encore, celles-là qui entraveront leur vie d’handicaps sérieux lorsque, lors d’éventuelles frasques, leurs parents leurs proclameront à la volée :’’ Mais je te l’avais dit d’écouter!!!’’

J’grommelle par en dedans, j’ai d’la bile qui me sort du cul, j’ai les hormones plus qu’en état de choc post-Spm, j’vois tout simplement pu clair c’matin! Si j’vomis mes états d’âme ainsi c’est que je ne sais pas, je ne sais plus, l’aie-je déjà su parce que je dois avouer l’échec grisant de mes tentatives réparatrices dont je fais le constat encore aujourd’hui…

En gros pour vous expliquer la situation j’vous fais en abrégé l’histoire de ma puce… Elle se fait littéralement barouetter une semaine sur 2 entre son père et sa mère qui mettent souvent fin à leur contrat de garde à l’avance, débordés qu’ils sont par le caractère bombatomique de leur fille. La mère travaille de nuit et elle fait garder la puce dans une autre garderie, d’où elle la réveille chaque nuit vers des heures où même le coq s’abstiendrait d’chanter… Elle est à bout, de son travail, de sa vie, de ses amours qui ne font ni cul ni tête. Elle rechippe le coli Ups à la belle-mère qui s’empresse de venir me la redomper ici aussitôt arrivée, puisqu’elle n’a pas ca en elle pis qu’la seule chose qu’elle est certaine de lui soutirer et qui soit brin exutoire est la pisse qu’elle répand sur les planchers lorsqu’elle craint d’être brutalement grondée, lassée par les injures et les sacres de cette abominable femme qui ne sait faire autre chose que de la rendre coupable de son insécurité… L’abominable sent le printemps quand elle arrive ici, bois pour ne pas succomber à la platitude de sa vie et elle me joue des scènes méritas d’un golden what the fuck you got kid chaque jour que la vie amène…

Donc ma puce vient d’avoir 3 ans pis ca fait 9 mois que j’la vois faire son manège, l’odieuse…La p’tite ak la tuque d’in mains, le coat ouvert jusqu’au nombril (m’semblait qu’on s’battait contre c’te mode là au secondaire!), le cache-cou en travers des pieds pis les cheveux encore plus broche-à-foin qu’le balai…Sacreboire y fait -20, p-être que j’devrais me mettre à boire comme elle, tituber sur mes incapacités et sacrer toute la mauvaise foi et les côtés mésadaptés de mon être sur une petite qui ne demande qu’à essayer… Peut-être que je me sentirais moins lourde, moins dépassée, puis j’pourrais me convaincre quand elle serait ado que, si elle m’avait écoutée, elle n’en serait pas là, ce demain qui deviendra vite aujourd’hui… Je me sens impuissante car je n’ai comme défense que l’amour que j’éprouve pour elle…

9 mois que j’vous dis à me décarcasser à grand coup de diplomatie (ou d’aveuglerie mentale ou peut-être même par crainte d’la voir ficher l’camps pis priver la puce d’une stabilité qu’elle ne retrouve que dans une moitié d’vie), 9 mois à tenter d’lui faire comprendre qu’la p’tite, avant d’être capable de réciter à l’envers le guide d’la bonne ménagère, avant de servir de 2e mère a son demi-frère, avant de devenir l’ombre d’elle-même, la puce elle doit apprendre c’que c’est qu’d’être une gosse.

Peut-être que, lorsqu’elle la descend de sa chambre du 2e étage et qu’elle l’enferme au sous-sol de peur de voir puce réveiller monsieur-le-prince-gagagougou-de-miss-grosses-mamelles (j’en sais rien je l’avoue, mais une vache s’t’une vache, excusez là!), peut-être qu’elle se dit que, la vie, on doit parfois l’apprendre à la dure. Peut-être que je fais parti des gens qui aiment voir la vie en rose et qui croient que de border mes précieux dans la ouate (pas trop mais un minimum certain!) servira à établir un quelconque confort affectif dans leur vie future… Peut-être que si ca m’a pris 8 mois avant de comprendre pourquoi ma puce souffrait d’insécurité c’est un peu parce que je me fie aux apparences et je me disais que des kids habillés en Souris Mini ne devaient pas nécessairement manquer d’affection et de bonnes intentions… Peut-être que je suis dingue aussi de laisser le manège perdurer car je crains qu’une démarche plus poussée condamnera ma cocotte à un nouvel exil, un nouveau déplacement, une nouvelle adaptation et je crois qu’elle en souffrirait davantage…

J’me dis qu’y’a pas que les contes drastiques-mythiques pour effrayer les enfants qui tiennent la route, y’en a d’autres plus cruels qui nous clouent au cercueil… Y’a pas qu’l’abominable homme des neiges à craindre lorsque la poudrerie aveugle notre destination, y’a aussi sa femme, l’abominable femme des mers, celle-là qui règne sur les liquidités de ce monde (le cash pis la boisson moi j’vous l’dit! Watchez vous, j’l’ai vue à l’œuvre moi avec ces messieurs), elle aspire le vide jusqu’à ce qu’elle trouve ça drôle pis moi la conne j’en répète la narration sans jamais en changer la fin! Je me sens comme l’écume sur le bord des rivages… Je me sens comme le but qui stagne à l’étape de sa conceptualisation… Je me sens comme toux ceux qui me puent au nez, parce que je sais et que je ne trouve rien de mieux à faire qu’attendre… Je me dis qu’la vie prend sur elle de veiller sur chacun, qu’au détour la puce m’a tout de même moi. Sauf qu’aujourd’hui je trouve ca lourd parce que je ne peux la prendre dans mes bras et bercer sa vie comme si c’était la mienne… Je ne sais pas, je ne sais plus. Un jour si la vois démunie par la vie, j’ai peur qu’elle me demande pourquoi je ne l’ai pas aidée… Pourquoi je ne l’ai pas écoutée…

Ma puce m’a dit ce matin : Quand je vais être grande je veux être comme toi… Et j’ai pleuré car c’est un peu moi qui voudrait prendre sa place, refaire ce bout cruel de ma vie que j’ai voulu mettre derrière, qu’importe, si ca me rend digne de l’amour qu’elle me porte… Si seulement j’aurais pu lui dire : Et si tu le savais toi tu le dirais?

Je t’aime ma puce xxxxxxxx

Mandoline :)

 

Ca serait bien si… avril 22, 2008

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Il y a le vide, c’est tout. Ce vide qui accompagne chaque seconde à venir. Prêt à accueillir les espérances et les désirs. C’est un réceptacle inerte et en attente. Nous avons toujours le choix de vivre ou de mourir jusqu’ à ce que l’ inévitable fin arrive. Alors, c’est dans la mort que le vide reprend son vrai sens.  Renart Léveillé

 

Et si c’ était ça au fond ? Savoir que tout repose sur le vide et qu’en fin de compte, on est pas à ça de près de réinventer l’ existence tout simplement parce qu’ on y croit… Et cette peur de crever, qui colle aux basques jusqu’ à plus respirer… Cette conscience qui éclate et embrasse toutes les avenues à la fois… Cette peur de tomber, d’ échouer, de ne plus savoir se relever…

Il y a de ces cafards sans noms qui forgent le silence, mais trop peu l’économie des mots… Alors, continuer et cesser de penser, parce que trop dur, parce que trop lourd, parce qu’ on ne peut expliquer les affres du passé sans voir nos gestes condamnés à être décortiqués, analysés et désossés de leur noble intention, fautifs des névroses de leur mise en action…

Parce qu’ il y a des gens qui aiment cette force qui nous enchaîne à notre volonté, parce qu’ il y a beaucoup de ceux-là qui ne savent aller de l’ avant et qui, s’ ils nous voyaient renoncer, seraient contraints de se dire que ça ne vaut même pas le coup d’ essayer… Parce que parfois, l’ orgueil de voir, de ne plus croire que ça existe…

Alors on remet les chaînes de la honte jusqu’ à crever de ne plus savoir endurer… Parce que plus cruelles que celles dont l’ on s’ afflige, il y a ces attentes que l’ on octroi à autrui, que l’ on dissème comme des mines prête à nous défigurer l’ cheminement…

Lequel de notre égo ou de notre bourreau est responsable de faire perdurer la souffrance?

Et il y a cette peur d’ être, qui coïncide avec le mal d’ avoir… Cette paralysante souffrance qui permet de sourire quand il est trop atroce de dire… Ce Pourquoi et  ce Comment qui partent le bal, quand la porte se ferme et qu’ Maintenant s’ emballe… Il y a de ces clés qu’ on enterre bien bien loin, question d’ être sûrs de s’ lapider la motivation à ne pas savoir l’ affronter ouverte, question qu’ l’ effet nous rebondisse en pleine tronche et qu’ on défriche jusqu’ à plus en déserter la cause… Il y a de ces portes qu’ il vaut mieux ne pas fermer, il y a de ces affres que l’ on doit côtoyer pour exister… Il y a de ces vides qui doivent rester, juste là, à côté… Parce qu’ il n’ y a qu’ ainsi qu’ on signe l’ affranchissement, la victoire, lorsque,  face à ses fantômes,  on n’ tremble plus à l’ idée d’ avancer… La liberté non plus est pas toujours à ça de près de se laisser amadouer…

Il ne faut pas en vouloir à la vie parce que les choix sont douloureux..

Maman a foutu l’ camps la semaine passée… Parce qu’ elle a toujours voulu savoir, dans les limites qu’ elle seule avait dressées… Vouloir entendre, ç’est pas si grave, quand tu veux t’ en sortir sans r’ coller les pots cassés, quand tu veux continuer sans devoir t’ impliquer…  Alors tu rejoues le même scénario, tu fuis, t’ as des remords gros comme des typhons de sables mouvants, des tourbillons de mots qui se cherchent les uns les autres, aspirant leur sens avant même qu’ t’ arrives à en faire une phrase, désordonnée, perdue su l’ fil des jours à régler l’ sort d’ la façon que tu vas tout dégobiller… On s’ en fou ! Un truc, qu’ importe si t’ arrives à le dire, enfin… T’ as pas été à la hauteur ? Tu pourrais cracher l’ morceau, on passerait  à la prochaine étape… Je te dirais sans gants blancs, sans éloquence, à l’ égal du tact dont  t’ as su préparer mes convictions… Parce que marre d’ emprunter à la douleur et de léguer à mes espoirs… Ensuite, tu dirais que, toi aussi, la vie t’ as bien roulée, qu’ t’ as parfois l ‘impression qu ‘ elle est allée s’ farcir ta tronche quand tu d’ mandais pas mieux qu’ elle te la recolle au passage… 

Et puis tu sais, quand j’ espère que tu combattes la réalité le temps de la changer, j’ suis souvent déçue… Faut être forte pour ça, suffit pas d’ accoucher la vie pour savoir l’ éduquer… Oh mais, je sais, je sais,  y’ a de ces rengaines qu’ on se fredonne pour mieux s’ haïr et s’ mutiler quand on est seul, le dos tourné… Y’ a de ces bonheurs qui se font charitables que pour mieux nous l’ arracher ensuite…  Y’ en aura pas d’ facile m’ man ! On est pas à ça de près toi et moi de prendre plus gros que nôt part de gâteau!

Tu me pardonnes dis, d’ avoir dit qu ‘ t ‘ achèterais pas les p’ tits au passage ? Je le sais que t’ es aimes, t’ oublies trop souvent qu’ eux aussi, ils t’ aiment… Juste pour toi, juste parce que c’ est d’ même; la vie fait parfois bien les choses tu trouves pas ?

Dis… Ce soir, ça serait bien qu’ tu fasses pas d’ conneries, ça serait bien qu’  je cesse un peu d’ m’ en faire, que j’ me pratique à jouer tite-fille et ça serait bien que toi, tu joues à la mère, un peu… pour changer…

Alors, quand tu reviendras, oublie qu’ t’ as le pouvoir de leur dégoter un sourire par tout un tas d’ peccadilles, viens t’ asseoir, sur un bout de l’ étoffe de c’ gazon, qu’ un jour t’ as peinturé, juste pour en rire….

Je t’ aime fort, même si j’ étouffe à l’idée d’ te l’ dire… xx