Chausser les souliers de quelqu’ un d’ autre juillet 8, 2008
Vous avez déjà eu à prendre des décisions qui ne reposaient pas véritablement sur vous, qui n’ étaient, en fait, en rien reliées à vous? Avez-vous déjà eu à assumer quelqu’ un d’ autre que vous, tenu par un fil imaginaire, en suspend au dessus de la vie, avec l’ obligation d’ inverser les rôles et de nager plus fort qu’ le courant pour finir englouti sous les algues d’ un étang gluant ? Oui oui, ce genre d’ endroit qui, de loin, semblait, à prime abord, l’ endroit idéal pour accoster, pour faire dorer le rêve, le mirage du siècle!, le bed and breakfest de tout montréalais abruti par la ville qui croyait enfin trouver refuge sur une île calme à la jupe au bleu plus pur et aveuglant que l’ étincelle émanant des yeux insouciants d’ un enfant… Passer sa vie à réajuster le tir, ça vous fait redouter l’ instinct en vous. Ça vous fait bouder la vie de ne pas avoir su vous doter d’ une boussole digne de ce nom. Ça vous donne des airs de tit-gamin-qui-veut-qu’ on-lui-dise-tout-comment-pourquoi-et-de-quelle-façon s’ enligner, parce que sans la carte routière, la batterie de rechange et les câbles à booster, il aurait jamais appris à marcher.
Vous savez quoi? J’ veux juste vivre ma vie! J’ demande rien à personne, j’ mène ma ‘tite vie à des kilomètres de l’ endroit d’ où sa mère a cru bon éduquer la mienne, forger ma peur aussi, pratiquement aussi dosée qu’ le besoin d’ respirer. . La chienne à chaque brin d’ oxygène qui entre pour mieux vous empoisonner le bonheur. La culpabilité de s’ en détoxiquer. La fascination de la voir analyser les failles du prototype premier. Son moule. Ses failles. Se servir de l’ enfant pour prendre les décisions qui reviennent habituellement aux grands. Alors, avec un tout petit semblant de rien, parce que vous savez pas les choses autrement, avec le mal d’ avancer, mais le besoin d’ acquérir cette fierté, bien en dehors de vous, sans trop vous courber. La tête droite qui se fait lourde mais qui doit tenir bon pour équilibrer la génétique. L’ implacable destination. La différence. Oh, pas tant ce chemin qui vous colle à la peau et qui vous laisse devenir, que celui qui ne ressemble pas au sien. Contourner. Sans destination. Que la nécessité d’ éviter les nids de poule alors que vous auriez pu descendre de la voiture et vous inventer un pays. Lui dessiner des ailes de routes ou de vagues. Que le panorama souhaité comme façon de procéder, de procréer. Rejoindre ce que vous êtes. Relier vôt coeur à vos pieds. Ne plus vous conditionner. Être convaincu que vous n’ êtes pas dans l’ obligation de vous greffer les poils du cul sur la tête, de vous coller le service à la clientèle sur le cv des amours, envisager une façon de faire différente au lieu d’ abdiquer en enfourchant des détours sans fin, des culs-de-sac comme ces boucles de rue d’ Europe qui reviennent toujours en leur sens…. Espérer ne pas devenir ce fruit qui s’ fiche le ruban de la catégorie au visage. Ce malapris qui ne tombe jamais loin de l’ arbre. Souhaiter l’ exception, le coup de vent, qui vous changera en confiture pour vous faire planer tout l’ espace durant… Ce droit, cette chance, ce pouvoir d’ être qui vous voulez, quand vous le voulez. Figer le temps. Devenir soi. Jouer avec les mousses de son nombril. Se rebeller contre le modèle. Le seul. Alors qu’ on sait et qu’ on passe ses jours à rester juste de l’ autre côté de la corde de peur de perdre pied, de s’ enfarger dans les fleurs du plancher, alors qu’ il faudrait seulement marcher dessus, doucement, un pas à la fois, et avec le sourire. Ne pas s’ en faire. Vivre. Du moins essayer, au mieux de ses capacités.
Non, c’ est vachement mieux faire comme si, parce qu’ il faut être socialement, mentalement et physiquement. Apte. Spirituellement, osez même pas y penser! Le travail y’ a que ça de vrai! Ne pas devenir l’ ombre de soi-même, ça fait pas fructifier l’ économie, ça gonfle encore moins les voiles du capitalisme. Ça change surtout pas la bâtardise en sang royal. Ça donne même pas un laisser-passer-envoyez-se-faire-paître-les-fichus-formulaires-à-l’urgence-quand-vous-êtes-en-train-de-crever. Nan, réfléchir, ça promet aucun rang social. Bah non, vaut mieux posséder. Acquérir. Détenir le pouvoir absolu. Les richesses. L’ argent! Parlez-moi de valeurs qui rendent leurs colonnes aux hommes qui ont voulu réfléchir, et qui ont perdu la source même de l’ idée. Philosopher, pffff, on a déjà pendu pour moins que ça! À quoi bon expliquer qu’ on fonce avec la volonté rattachée au plus profond des tripes parce que y’ a que ça qui va les empêcher de s’ enrouler à nôt cou.
Faire fi des apparences quand on sort du vagin de la honte, balancer les attentes et larguer tout ce qui vous rappelle un peu ce dans quoi on vous a clairement indiqué que vous valiez pas-plus-que-ça. Ouais, c’ est clairement évident. C’ est pas la chose à faire. Faut penser simple, faut penser business. Faut geler les racines, les condamner à un hiver éternel en espérant voir des bourgeons venir décorer la cime des arbres. Mettre la même maudite visse sur le même petit maudit modèle dans une usine de montage sans se demander où elles vont finir par aboutir parce que personne n’ en veut plus sur le marché. Secouer la terre au passage, s’ agripper au vent. Faut être fou pour ça. C’ est le comble de l’ immoralité. Faut s’ organiser pour payer le fardeau de la dette, de l’ offrande de vie. S’ acquitter de la facture, du poids des intérêts; devenir le guide de quelqu’ un qui n’ a jamais su l’ être, avec, au passage, l’ expérience qui vous fracasse la faculté de penser à coup de vague de 30 pieds. Enfiler le manteau d’ un capitaine qui a passé sa vie à conduire un bateau qui prenait l’ eau, à présent évanoui, plaqué face au plancher, et devenir la cible de service de l’ oeil engloutissant. Je me suis toujours demandé : L’ oeil est-il la source des grands vents ou le simple fruit de leurs conséquences? Qu’ importe, il ne faut pas penser. Alors on balance l’ empathie par dessus bord, on enfonce le mépris dans une poche, l’ envie de tout balancer dans l’ autre. On sort les lunettes fumées au cas où il faudrait justifier le manque de connaissances. Au cas où il faudrait masquer la peur. Ouais, la peur de tout. La peur de vivre comme celle de crever. La peur d’ oser, de reculer, de ne pas savoir, où pire encore, de ne plus vouloir, de renoncer. D’ avouer qu’ on ne peut pas chausser les souliers de quelqu’ un après 48 ans et croire qu’ on saura, qu’ on sera Dieu, pour changer. Être le plaster et le bobo. Vouloir changer l’ attitude, la perception sans avoir jamais tenté de comprendre, d’ appliquer, d’ apprendre, d’écouter. De diriger la vie contre vents et marées.
ET écouter c’ est pas si simple, quand ce qu’ on déteste par dessus tout c’ est de manger des mots brodés par le mensonge. J’ préfère une baffe en pleine gueule, qu’ un coup de poignard dans le dos, j’ suis comme ca.. Affronter de face. Voir venir les coups. Stabiliser ce qui menace de tout faire planter. J’ veux pas d’ une fausse vie, j’ l’ ai tellement peaufinée pour lui donner des airs de contes de fée étant gamine. Cheveux au vent, libre de tout, enchaînée à la vie et au bonheur par de fragiles chaines de rien du tout. Même pas de quoi vous dire que, si vous étiez acculée au plancher, elle oserait arrêter de danser, de se poudrer. Non. Juste du rien. Que la certitude qu’ elle ne sera, jamais. Qu’ il faut pas espérer. Qu’ il faut faire mieux, que pour soi. Sans compétition aucune, sinon cette loyauté envers cette promesse faite à soi-même, ce respect quant à sa personne. Aimer et profiter de la vie sans geler tout ce qui vous fait vous perdre un peu en retour, ce qui vous fait souffrir; et redoubler d’ espoir quant à ce qui vous fait sourire, d’ un coup qu’ ça finirait par coller… Être patient. Optimiste. Recommencer, encore. Tenter de ne plus s’ aggriper au vide, attendre ce qu’ il y a de mieux. Ne plus fermer les yeux sur tout, que pour la défaite de n’ pas avoir vu le fossé dans lequel on aura trébuché… Oublier d’ exister, pour des chaines de rien du tout. Pour une couronne qui vous saigne de partout. Non. Je sais que ca vaut pas le coup. J’ vais voir à ma vie, c’ est tout… J’ ai fait le choix, de me choisir moi…
J’ t’ avais fait une promesse mam. T’ en avais fait une aussi tu te rappelles, et deux et trois? Dans 426 sous-catégories plus farfelues les une que les autres. C’ est ce qu’ on apprend aux tout-petits à Noel, après leur avoir mis en pleine gueule toute l’ année à coup de Vas-t’asseoir-dans-le-coin , qu’ il faut toujours être honnête : qu’ on est pas toujours le modèle que l’ on revendique quand on finit par les obliger à remercier pour les présents offerts qui ne conviennent pas, mais pas du tout. Leur apprendre à maquiller, à embellir la vérité… Leur apprendre la destination 364 jours par année et tout compromettre l’ espace d’ une veilléé où l’ on se croit tout permis, où l’ on croit avoir enfin acquis cette force, de ne plus abdiquer. De se parler, avant de sombrer. Tu sais, comme cette promesse faite à toi-même… Oh, c’ est pas si mal au fond, je l’ espère du moins. Y’ a pas de cadeau à retourner, qu’ un emballage qui s’ est goinfré des saisons de lunes à vouloir se faire désirer. À se torturer les confettis de ne pas savoir se faire aimer. À baisser le prix l’ espoir de changer d’ allée, pour voir des yeux le reluquer. Mais t’ as mis du tape en esti ! Et je doute de l’effet, un coup la colle enlevée. Un nouveau look? Un second souffle? Un nouveau départ? Tu sais, on échange pas une vie usée, comme on change une paire de souliers….
***Bon…. L’ exivrogne, Il est plus sage que moi… Il me fait suer, (
) pour tout vous dire, avec sa facon toute particulière et si douce de me faire voir les choses telles qu’ elles le sont… L’ expérience, ca ne s’ acquiert pas en alignant les syllabes et/ou en voguant d’ un état d’ âme à l’ autre et/ou en ajoutant à la stupidité de la culpabilité…. À bien y penser, c’ est des oreilles que je devrais m’ greffer su’ l’ coeur…. M’ enfin… Merci tout plein m’sieur!
Voici la nouvelle solution, qui sera difficile à gober pour la famille, mais puisque la décision finale-familiale repose sur mes épaules… Voici, donc le discours téléphonique qui se fera ce matin, préparé par l’ ami le plus adéquat en la matière:
”Mam, j’ crois pas que tu m’ aies donné la vie pour me la faire souffrir. Alors, voici clairement ce que je suis prête à faire pour vivre heureuse… ”
Te voir admettre ta maladie et te voir faire ce qu’ il faut pour t’ en sortir, notamment, prendre tes médicaments, et le faire sans altérer le résultat avec d’ autres substances.Ces deux conditions sont les seules pour maintenir notre relation.
Si tu entends les respecter, moi je vais t’ aider. Pour t’aider je suis prête à faire deux choses…
1. Aller te porter en thérapie pour maîtriser ta dépendance.
2. Aller te porter chez ton psychiatre pour régulariser ta médication que tu as toujours modulé avec la prise de substances.
Es-tu prête à aller en détox?
Là, elle va probablement changer de sujet… te dire n’ importe quoi… là, ca sera à toi de prouver que tu peux surmonter ta dépendance face à ta culpabilité… ( Hein, qu’ y vient-ti pas me chercher, y’ a le tour, avouez
) Awayez pesez sû’ l’ bobo, j’ aime ca!
Ensuite,Tu répètes “es-tu prête à aller en détox?”
Si elle refuse, tu raccroches et lui demande de te rappeler que lorsqu’ elle sera prête…
Ces conditions, sans quoi, plus d’ entente. Plus de présence. Niet. Nada. Prout.
Et?
