Un petit écart… Rien qu’ une mèche. Un tout p’ tit quart de lune dans un ciel aux teintes d’ ébène… Une étincelle qu’ on a muni d’ une brèche, une énigme digne du ciel qui martèle le sol de songes parsemés de pluie, d’ humidité glaciale… L’ éloignement de soi le temps d’ une brise, la vie sans soi, sans soie; des similitudes emportées le temps que l’ un n’ équivaille les souvenirs laissés par l’ autre… Une parole imperceptible, un geste inaproprié, une mémoire qui n’ a de suite que dans l’ idée qui vient de passer, des malaises dissémés sous les éclats de rire chevauchant des instants purs comme il ne s’ en fait plus; un enfant qui se risque à mettre un pied devant. Un prisme de lumière pour les yeux et les larmes de différence; des idéaux qui portent bas pour une foule massive et sournoise aux regards médisants, méprisants… Des explications qui n’ en sont pas, des enfants qui ne comprennent pas, des parents qui cherchent pourquoi… Pourquoi ‘’si compliquée” tant de ‘’simplicité” ? Laisser-aller, se rebeller ? S’ éloigner de soi ou de ceux ? Puiser en soi ou y rester ? Aller où, avec qui ? Comment se résigner sans se sentir lésé d’ avoir été laissé pour compte ? Comment fait-on pour parvenir à ne plus tout voir ni entendre sans s’ aveugler et faire la sourde oreille à ce qui doit l’ être en retour ? Parfois parce que c’est trop, trop de questions pour la quantité de réponses qui nous permettent de comprendre…
C’ aurait pu être vous, c’ est peut-être l’ un des vôtres. C’ est dans une chambre tout près de chez moi, si vous pouviez voir cela. Il y a de petits voiles aux couleurs d’ enfance, des jouets au duvet douillet pour les joues câlines. Un petit landau ou l’ on a déposé un édredon cousu à la main les soirs d’ attentes et d’ espoir de demain. Des images sur des cadres qui ne demandent qu’ à être remplacées. De toute petites pièces de linge répandues ça et là dans un garde-robe aux étalages de couvertures et de boites prêtes à y enfouir les plus belles merveilles de cette vie souhaitée, quitte à la voir faire exploser toutes les formes qui la contienne. Une vue imprenable sur la cour des voisins, bombardée d’ enfants de tous âges qui courent dans tous les sens, leur rappelant qu’ eux, ils n’ en désire qu’ un seul… Des soirs d’ amour torrides, d’ autres où la passion est mise à l’ épreuve, des constats et des doutes venant ajouter au poids du couple qui s’ affaisse, pourtant si fort pour toutes ces lunes sans offrande… Du coin de la fenêtre, des reflets aux couleurs d’ espérance, des esquisses de rêves incertains quant à l’ aurore qui les peint et au carrelage qui a la chance de les faire miroiter.
Puis l’ inattendu devint. La vie enfin résignée à leur concéder un trait, puis un autre, un clin d’ oeil pour les luttes qui avaient presqu’ eu raison de leur optimiste. Esquivée sitôt le coeur en chamade, la vie s’ était pourtant dressée si souvent, l’ absence d’ une semaine… Mais la croix y était, façonnée par la vie qui venait de souiller la blancheur inerte sur ce papier enduit d’ urine. Alors vint une légèreté nouvelle dans le son de leur voix, dans le bonheur qui avait daigné les frôler, dans le ton et la direction vers laquelle la balance se décidait à pencher…
Les jours heureux fusionnèrent avec ceux des autres, il y a dans la normalité, une question d’ appartenance plus grande que toutes ces rébellions que l’ on s’ inflige de vouloir faire différemment.. Puis cette joie d’ être un peu comme chacun, quand la vie vous permet de continuer le cycle et d’ être un de ses auteurs… Viennent s’ y coller les nuits où l’ on se remémore celles où l’ on ne dormait pas mieux. Alors la douceur de cette vie combative et rebelle du repos rend paisible de vivre le jour et la nuit sur fond de 24 heures sans sommeil. Parti la crainte. La vie y était. C’ était tout ce qu’ ils voulaient.
Petit trésor vieillit, une vieille hantise refit surface. Un diagnostic comme une épée de Damoclès délaissée avec les gazouillis d’ aurore…
Il y a des mots que l’ on écartèle pour leur enlever le poids qui les unis : T.D.A.H. - T.E.D. Ils sont si lourds que l’ on préfère en soupeser les lettres. Leur donner une résonance étrangère. Permettre à nos sens de croire l’ impossible réparable tant par la foi que par l’ amour déposé sur chaque couleur que petit homme avait permis de laisser entrer…
L’ unique. Le précieux. L’ original.
Je suis de ceux-là que l’ audace adoucit… J’ estime ceux qui font l’ effort, malgré… J’ admire ceux qui se dressent contre le courant, ceux qui ne flanchent pas, ceux qui côtoient l’ humilité dans les efforts que d’ autres font pour l’ éviter… On a souvent l’ impression à tort d’ être au-dessus de ceux qui nous fraye le chemin, vers nous-même… Et pourtant je reste prude de mes mots, de mes gestes quand arrive le temps de reconnaître ceux qui ont contribué à l’ anoblissement des maux… Ceux qui ont vu le chaos, ceux qui y ont saucé les pieds, voir le corps tout entier… Aimons nous être seuls, ou fuyons nous la possibilité de devenir vulnérables?
On a souvent le mérite qui nous vient de ceux à qui on l’ impose…
Alors ce soir, mes pensées vont vers vous… Je n’ ai point de mots pour vous exprimer l’ admiration que je ressens face à tous ces tics et à tous ces spasmes qui vous prennent votre jeunesse… J’ espère que la vie vous sera plus douce et que les traitements sauront vous rendre l’ enfance que vous devez sans cesse mettre de côté. On ne vous l’ a pas subtilisée. Je crois qu’ elle est là, juste à côté, et qu’ elle souhaite ne plus jamais vous quitter. Je vous embrasse.
J’ espère que les mots trouveront leur chemin pour toi cher petit Koala. Continue tes analyses, garde le précieux de ce que tes parents t’ offrent. À quoi bon louanger tous ces mots s’ ils n’ ont de sens pour ceux qui les entendent ? Efforce toi d’ aimer, et de faire le bien autour de toi. N’ oublie jamais que tes ”Je t’ aime” auront toujours raison des peines pour ces mots perdus en route, car tes parents t’ aiment, peu importe la destination que tu prends, peu importe les façons que tu as de rire, de jouer, de sourire, de crier, de souffler, de te faire comprendre…
À mon oncle Denis qui est une bénédiction pour ses 2 anges. Tu leur a ouvert les portes d’ une vie qu’ ils auraient cru impossible sans vous. Line, tu es la force en personne. Je vous aime xxxx