
Il y a le vide, c’est tout. Ce vide qui accompagne chaque seconde à venir. Prêt à accueillir les espérances et les désirs. C’est un réceptacle inerte et en attente. Nous avons toujours le choix de vivre ou de mourir jusqu’ à ce que l’ inévitable fin arrive. Alors, c’est dans la mort que le vide reprend son vrai sens. Renart Léveillé
Et si c’ était ça au fond ? Savoir que tout repose sur le vide et qu’en fin de compte, on est pas à ça de près de réinventer l’ existence tout simplement parce qu’ on y croit… Et cette peur de crever, qui colle aux basques jusqu’ à plus respirer… Cette conscience qui éclate et embrasse toutes les avenues à la fois… Cette peur de tomber, d’ échouer, de ne plus savoir se relever…
Il y a de ces cafards sans noms qui forgent le silence, mais trop peu l’économie des mots… Alors, continuer et cesser de penser, parce que trop dur, parce que trop lourd, parce qu’ on ne peut expliquer les affres du passé sans voir nos gestes condamnés à être décortiqués, analysés et désossés de leur noble intention, fautifs des névroses de leur mise en action…
Parce qu’ il y a des gens qui aiment cette force qui nous enchaîne à notre volonté, parce qu’ il y a beaucoup de ceux-là qui ne savent aller de l’ avant et qui, s’ ils nous voyaient renoncer, seraient contraints de se dire que ça ne vaut même pas le coup d’ essayer… Parce que parfois, l’ orgueil de voir, de ne plus croire que ça existe…
Alors on remet les chaînes de la honte jusqu’ à crever de ne plus savoir endurer… Parce que plus cruelles que celles dont l’ on s’ afflige, il y a ces attentes que l’ on octroi à autrui, que l’ on dissème comme des mines prête à nous défigurer l’ cheminement…
Lequel de notre égo ou de notre bourreau est responsable de faire perdurer la souffrance?
Et il y a cette peur d’ être, qui coïncide avec le mal d’ avoir… Cette paralysante souffrance qui permet de sourire quand il est trop atroce de dire… Ce Pourquoi et ce Comment qui partent le bal, quand la porte se ferme et qu’ Maintenant s’ emballe… Il y a de ces clés qu’ on enterre bien bien loin, question d’ être sûrs de s’ lapider la motivation à ne pas savoir l’ affronter ouverte, question qu’ l’ effet nous rebondisse en pleine tronche et qu’ on défriche jusqu’ à plus en déserter la cause… Il y a de ces portes qu’ il vaut mieux ne pas fermer, il y a de ces affres que l’ on doit côtoyer pour exister… Il y a de ces vides qui doivent rester, juste là, à côté… Parce qu’ il n’ y a qu’ ainsi qu’ on signe l’ affranchissement, la victoire, lorsque, face à ses fantômes, on n’ tremble plus à l’ idée d’ avancer… La liberté non plus est pas toujours à ça de près de se laisser amadouer…
Il ne faut pas en vouloir à la vie parce que les choix sont douloureux..
Maman a foutu l’ camps la semaine passée… Parce qu’ elle a toujours voulu savoir, dans les limites qu’ elle seule avait dressées… Vouloir entendre, ç’est pas si grave, quand tu veux t’ en sortir sans r’ coller les pots cassés, quand tu veux continuer sans devoir t’ impliquer… Alors tu rejoues le même scénario, tu fuis, t’ as des remords gros comme des typhons de sables mouvants, des tourbillons de mots qui se cherchent les uns les autres, aspirant leur sens avant même qu’ t’ arrives à en faire une phrase, désordonnée, perdue su l’ fil des jours à régler l’ sort d’ la façon que tu vas tout dégobiller… On s’ en fou ! Un truc, qu’ importe si t’ arrives à le dire, enfin… T’ as pas été à la hauteur ? Tu pourrais cracher l’ morceau, on passerait à la prochaine étape… Je te dirais sans gants blancs, sans éloquence, à l’ égal du tact dont t’ as su préparer mes convictions… Parce que marre d’ emprunter à la douleur et de léguer à mes espoirs… Ensuite, tu dirais que, toi aussi, la vie t’ as bien roulée, qu’ t’ as parfois l ‘impression qu ‘ elle est allée s’ farcir ta tronche quand tu d’ mandais pas mieux qu’ elle te la recolle au passage…
Et puis tu sais, quand j’ espère que tu combattes la réalité le temps de la changer, j’ suis souvent déçue… Faut être forte pour ça, suffit pas d’ accoucher la vie pour savoir l’ éduquer… Oh mais, je sais, je sais, y’ a de ces rengaines qu’ on se fredonne pour mieux s’ haïr et s’ mutiler quand on est seul, le dos tourné… Y’ a de ces bonheurs qui se font charitables que pour mieux nous l’ arracher ensuite… Y’ en aura pas d’ facile m’ man ! On est pas à ça de près toi et moi de prendre plus gros que nôt part de gâteau!
Tu me pardonnes dis, d’ avoir dit qu ‘ t ‘ achèterais pas les p’ tits au passage ? Je le sais que t’ es aimes, t’ oublies trop souvent qu’ eux aussi, ils t’ aiment… Juste pour toi, juste parce que c’ est d’ même; la vie fait parfois bien les choses tu trouves pas ?
Dis… Ce soir, ça serait bien qu’ tu fasses pas d’ conneries, ça serait bien qu’ je cesse un peu d’ m’ en faire, que j’ me pratique à jouer tite-fille et ça serait bien que toi, tu joues à la mère, un peu… pour changer…
Alors, quand tu reviendras, oublie qu’ t’ as le pouvoir de leur dégoter un sourire par tout un tas d’ peccadilles, viens t’ asseoir, sur un bout de l’ étoffe de c’ gazon, qu’ un jour t’ as peinturé, juste pour en rire….
Je t’ aime fort, même si j’ étouffe à l’idée d’ te l’ dire… xx