Comme un accroc au passage, un nœud au fil du temps, des liens tendus à travers des espaces trop vides… (Février’ 96)
Je me plais à comparer chaque impasse de ma vie à un creux… Je crois que la plupart de nos amertumes, de nos ‘accrocs’ de personnalités, proviennent d’un quelconque vide affectif, pas tant reliés à notre enfance, mais également à la vie que nous menons dans le présent. J’adore réconforter les miens et les prendre dans mes bras, mais il devient évident face à certaines lacunes que je ne suis d’aucune aide concrète quand la douleur s’avère trop intense. Le pire ‘vide’, le pire des ‘creux’, provient selon moi d’un manque d’amour au quotidien, de notre incapacité à gérer lesdits ‘vides’ de notre existence… Quand l’orgueil se met de la partie, il devient plus dur de valider nos émotions, de leur donner un sens et une raison d’être. Quand l’amour n’est pas au rendez-vous, le doute nous traque, nous ramène à notre bulle dont nous voulions si profondément sortir, parfois au détriment de l’être auquel nous aspirions si profondément devenir… Il est là le pire des enjeux : remonter à la source même de notre malaise, celui qui, lorsque nous aurions pu être heureux, nous a fait orchestrer un drôle de jeu : nous empêcher d’être perçu tel que nous l’étions en réalité par crainte d’une certaine vulnérabilité et de la souffrance qui s’y serait reliée…
Je vais me faire brûler vive, mais je me lance quand même… On parle souvent de l’être et de son côté unique : ‘’ Chaque être est unique et chaque être est merveilleux’’. Foutaises!! Je suis quelqu’un de difficile. En psycho, j’ai appris à recadrer (amener une perception à sa forme positive, en quelque sorte, une forme de thérapie psychologique verbale qui reforme la cassette de notre cerveau!) et je suis devenue quelqu’un de sélectif … Je ne crois pas que tous les êtres méritent autant d’égard les uns que les autres. Cela va vous sembler froid, mais c’est ce que je crois, malgré le fait que j’aime profondément les êtres humains, je crois que les gens, que nous pouvons considérer comme étant des perles, ne roulent pas dans les rues, bien au contraire et je crois même qu’ils sont le fondement de la fameuse expression ‘une aiguille dans une botte de foin’. Quoiqu’ à l’ opposé, je crois que nous sommes tous le trésor de quelqu’un, que nous contribuons chacun à notre façon à l’équilibre de la vie, mais il n’en demeure pas moins que je crois en la bêtise humaine et je crois que certains en sont affligés plus durement que les autres. Tout de même, ne nous égarons pas…
La définition du terme unique varie de l’un à l’autre et il apparaît presque impossible de généraliser puisque nous cherchons tous un idéal différent. Je sais qu’à ma façon je suis importante pour certains et que je suis invisible pour d’autres. Mon plus grand velours est de savoir que d’une certaine façon je puis être l’ange de quelqu’un; en contribuant à ajouter un peu de magie à son bonheur. On m’a déjà dit que j’étais un petit diamant miroitant la lumière, faisant jaillir de nouvelles couleurs …(Quoiqu’un diamant est une petite glace fragile et emplie de malheurs : regardez Les diamants de sang, le film :P) Une perle est une personne qui se faufile aux côtés de chacun, sans avoir à travailler pour se démarquer, une personne qui n’a en elle qu’une profonde richesse à partager. Pour moi chacun de mes amis est une perle. Mais en amour, c’est bien plus difficile n’est-ce pas? 2 âmes sœurs qui se choisissent mutuellement, c’est plus délicat, plus utopique, ca tire presque de l’exploit, mais de grands guerriers, de grands battants, il y en a!
Si j’ose aller un peu plus loin, je me questionne sur les effets du féminisme… Je suis tombée sur un homme il y a quelques mois, un mâle tout ce qu’il y a de plus merveilleux, cultivé, avec du vécu et des objectifs définis, viril, drôle comme tout, beau à en rêver éveillée, des bacs, une maitrise et qui ne se prend pas pour un autre! Tout tout tout j’vous dis………….même une blonde!!! Ca je ne l’ai su que plus tard, mais je n’ai pas commis de bévues, j’ai laissé tomber le projet avant l’erreur fatidique (j’m’en mords les doigts pareil, je me trouve cinglée dans mon altruisme-empathique-névrosé, y’a une fille quelquepart qui me doit une fière chandelle et elle sait même pas que j’existe joualvère!!) Entk… Toujours est-il qu’il y a un intrusif qui cherchait un complément à sa vie et que, comme certains hommes que je connais, il n’avait pas appris à s’exprimer autrement que par la fuite… Il m’a tout de même appris une chose : J’avais peur de me laisser aller. Peur d’être vulnérable et soumise. Pourtant j’étais la première à questionner l’impact du féminisme sur l’état alarmant des couples d’aujourd’hui; la première à me demander si mes colères de jeunesse vis-à-vis de la situation de la femme et de la place qu’elle devait prendre en société s’avéraient justifiée (ce n’est pas l’Afrique ici tout de même!), la première à me dire que les enfants manquaient de présence masculine, les femmes de douceur et les hommes d’implication… Mais voilà, dans toute la complexité des paradoxes qui me caractérisaient se trouvaient la plus belle des réponses… Je luttais en suivant le mouvement contre une facette en moi imprégnée par nos aïeux depuis la nuit des temps : je me rebellais contre ma féminité!

Je n’ai pas pu broncher, j’avais quelques temps auparavant eu peur d’assumer ma propre personne. J’avais connu un homme et j’avais eu peur de sa réaction quant à ma condition… J’avais oublié de lui mentionner que j’avais des enfants (petite gêne passagère)… Pfff juste ca quand même… Empilés un sur l’autre il en valait pas plus d’un! Kossé l’idée de s’en faire avec ca? (mini-grimace) Mais malgré le fait que je ne cherchais pas un père pour mes fils, j’avais eu peur de me livrer et d’être moi-même. J’avais jasé quelques semaines avec cet homme exceptionnel et quand nous nous sommes vus je me suis retrouvé face à un homme qui ne voulait pas de mon type de vie. Et c’était son droit le plus fondamental! À la suite de cette aventure, je suis tombée sur le Don Juan qui avait du se dire que 2 paires de seins c’est quand même pas si catastrophique que ca!!??!! Ainsi va la vie qui va ah!!! J’ai bien compris ne vous en faites pas…
Dernièrement, après quelques semaines à remanier ma vie sentimentale pour en comprendre le sens et en empêcher la répétition, j’ai trouvé une perle rare. Un deuxième moi version masculine. Je ne m’éparpillerai pas sur les détails, belle harmonie, atomes crochus, bonne entente mutuelle, pas de secrets, mais un manque de compatibilité évident. Une peur que je ne sentais que trop forte et j’ai eu une discussion avec un ami concernant la peine que j’avais à l’idée de cette constatation. Il m’a dit : ‘’Tu sais une Mandoline c’est fait fort au prix que ca coute!’’ Je lui ai répondu : ‘’Si ca coute cher alors les gens ont peur d’investir, ils préfèrent râper à la main et un jour ils se rendent compte qu’ils ont perdu un temps précieux à se donner du mal pour une tâche qui ne méritait pas véritablement un tel investissement!’’ La nouveauté ca bouleverse une vie. Les funambules le savent… au moindre faux pas les pieds peuvent nous propulser dans le vide. Pour se rendre d’un point à l’autre il faut de la pratique, un regard fixé vers l’avant et une sincère volonté de ne pas tomber.
Je suis fragile, mais je sais où regarder. Quand je serai expérimentée j’oserai y croire avec fermeté et je ne pourrai plus dévier de mon fil…

Mandoline xxx